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 Sur les traces hellénistiques de la cité phocéenne

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Cernunos
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Localisation : Radenac
Date d'inscription : 03/11/2005

MessageSujet: Sur les traces hellénistiques de la cité phocéenne   Dim 6 Nov à 18:03

Découverte de vestiges antiques à Marseille dans l'Anse des Catalans

Des vestiges d'époques grecque et romaine ont été découverts en octobre 2004 durant la fouille sous-marine de l'Anse des Catalans, à moins de 300 m de l'une des plus célèbres plages de Marseille. L'opération était menée par le DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) sous la direction de Luc Long, avec L'Archéonaute, les moyens de l'Association 2ASM et l'aide financière de la ville par le biais de son Atelier du Patrimoine.

Deux fragments de statues grecques

Au moment où les travaux ont été entrepris, l'inventeur Pierre Giustianini avait localisé les vestiges de deux statues en marbre qui ont pu être récupérées. Le premier fragment, un pied chaussé d'une sandale finement ciselée, appartient à un personnage féminin qui devait mesurer au minimum 1,50 m de haut. Le second correspond à un buste acéphale représentant Dionysos ou plus vraisemblablement Apollon, l'une des divinités tutélaires de la cité phocéenne (hauteur conservée 50 cm). Le déhanchement à peine marqué, la musculature suggérée mais discrète et les boucles de cheveux sur l'épaule droite, confèrent au personnage un aspect efféminé et juvénile qui le rapproche des représentations hellénistiques. Afin de souligner l'importance de ces découvertes, il convient de rappeler qu'aucun fragment de statue et presque aucune inscription antique n'avaient été recensées à Marseille. La pauvreté des collections locales réunies dans les musées marseillais reste, sur ce point, significative. Faute de pièce de meilleure facture, on ne retient généralement que quelques sarcophages et un portrait de Romain anonyme du Ier siècle de notre ère, découvert en 1896 sur la place Sardi-Carnot.

De nombreux éléments d'architecture

Explorée par une profondeur de 8 à 15 m, la zone des Catalans comprend en outre de nombreux blocs architectoniques ainsi que des fûts de colonnes cannelées, dont certaines sont d'origine grecque et appartiennent à un ou plusieurs édifices. Ces éléments, tous très abîmés par le long séjour marin et l'action des organismes lithophages, sont si dispersés et fragmentés qu'ils ne peuvent s'apparenter à un chargement d'épave. Trop lourds pour constituer un lest de navire et peu pratiques pour servir de mouillage, ils sont en outre trop éloignés du bord pour provenir d'un site côtier. Il n'existe à ce propos aucune source historique ou archéologique attestant de l'occupation du littoral dans ce secteur, à l'époque antique.

Une hypothèse : des résidus de dragage évacués hors du port

L'hypothèse qui paraît le mieux convenir à ces découvertes nous renvoie au dragage du port de Marseille depuis l'époque romaine jusqu'aux périodes modernes. Comme pour la corne du port antique découverte lors de l'aménagement du Centre Bourse en 1969, les quais étaient vraisemblablement formés de matériaux provenant de monuments grecs qui ont servi de carrière durant toute l'Antiquité. Les fouilles plus récentes des places Jules-Vernes et Ville-neuve-Bargemon ont permis de mesurer l'importance des dragages d'époque romaine dans le Lacydon (Vieux-Port) et de retrouver dans le même temps les vestiges des grandes dragues abandonnées au Ier et au IIème siècle après J.-C. Déposés d'abord dans le « remblai hellénistique » du secteur de la Bourse, les sédiments et les débris provenant du curage du port ont été évacués ensuite plus au large par les Romains, en particulier dans la zone des Catalans située à la sortie du port. Très abrité par vent d'est, ce secteur est bien connu des archives médiévales et modernes sous l'appellation de « quartier des infirmeries » ou « quartier Sant-Lambert ». Il constituera encore longtemps le réceptacle privilégié des dépôts de dragages opérés de manière régulière à partir du XVIème siècle. Pour cette raison, le riche mobilier en terre cuite recensé autour des blocs et des fragments de statues appartient à trois périodes distinctes : période hellénistique, Antiquité tardive et époque moderne (XVIème –XVIIIème siècles).
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