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 Sénégal: Les Diolas

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korrigane

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Localisation : le kremlin bicêtre
Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Sénégal: Les Diolas   Jeu 10 Nov à 6:32

LES DIOLAS


Leur milieu:
Il ne faut pas confondre les Diola, ethnie de la Basse Casamance, avec les Dioula manding.
La Basse Casamance est peuplée de nombreuses tribus dont la civilisation, basée sur la culture du riz, se ressemble beaucoup : Floup, Baïnouk, Mandjak, Balante.
Les Diola sont les plus nombreux (environ 250 000). Ils sont très proches sur le plan culturel de leurs voisins Kissi en Guinée. Eux aussi sont « gens de riz» comme les désignent leurs voisins Malinké.
Un certain nombre de Diola parlent le manding comme langue véhiculaire.

Leur histoire:
A part les guerres intestines entre villages ou tribus voisins, les Diola ont été protégés des Manding par les marigots où s'enlisaient les guerriers envahisseurs. En cas de guerre, les Diola se réfugiaient dans les nombreuses îles de la Casamance. La pénétration française fut ralentie par leur opposition farouche. On raconte à Kabrousse et dans tout le pays diola l'histoire de cette reine, du nom d'Ansitoé, qui, pendant la dernière guerre de 19391945, s'opposa à la réquisition du riz et du bétail pour le ravitaillement des Français. Elle fut enlevée et conduite à Saint Louis.

Leur vie économique:
Les Diolas pratiquent surtout la riziculture irriguée. Ils ont mis au point une grande variété de riz, base de toute leur nourriture. Il est toujours consommé réduit en farine.
Les Diolas élèvent des bovins uniquement pour les sacrifices religieux. Ils ne les font pas travailler, ni ne consomment leur lait. La viande n'est mangée que les jours de fêtes après les sacrifices. Spécialistes du palmier et de la récolte du vin de palme, certains jeunes Diola vont louer leurs services dans la région des Dunes entre Dakar et Saint Louis.

Leur vie sociale:
Le système de caste est très atténué chez les Diola.
La profession est héréditaire dans deux familles mais l'exogamie s'oppose à la naissance d'une véritable caste. Le tissage est pratiqué par les Mandjak et le métier de cordonnier est réservé aux artisans étrangers (Wolof, Malinké, Dialonké) ainsi que celui de bijoutier. Les forgerons ont la réputation de donner et d'enlever la lèpre.
Certaines tribus Diola ont leurs rois et leurs reines (régime matriarcal), mais il s'agit plutôt de prêtres que de véritables chefs politiques. Les rois, les conseils d'anciens et les chefs de villages n'ont qu'un pouvoir d'arbitrage.
Les villages sont divisés en carrés familiaux (bank).

La vie religieuse:
Les rois et les reines Diola, écrasés sous les interdits les plus variés, veillent surtout au maintien de la fertilité et à la chute des pluies. Ce sont des rois fétichistes dont le pouvoir est grand.
La pénétration de l'Islam est très récente, aussi les cultes animistes sont ils encore nombreux.
Il existe plusieurs sociétés secrètes à base religieuse ou magique. La plus redoutée est l'association nécrophagique Kousanga des Floup. Une proportion importante de Diola est catholique.

La vie culturelle:
En dehors de toutes les grandes fêtes religieuses, plusieurs fêtes annuelles sont à signaler : Houmabeul, organisée en septembre par le roi d'Oussouye; Evaguène, fête sans date bien précise, qui se déroule à Siganar, chez la reine des Floup, à 5 km d'Oussouye: Kamaguene, fête traditionnelle de Kagnout, après la récolte du riz. A Ziguinchor (et dans toute la Casamance), les parties de luttes sur la grand place sont très suivies. Elles commencent par des danses. Les deux camps adverses s'affrontent d'abord par des chants de louanges des lutteurs champions. Les lutteurs portent une collerette d'aigrettes blanches, des bracelets en fils torsadés aux poignets et aux chevilles et de petits pagnes cache sexe. Les tambours rythment cette partie de lutte. Les constructions des Diola sont d'une très grande richesse : cases à impluvium, cases à plusieurs étages en banco, cases aux toits dissymétriques, cases ovales ou rectangulaires.
La case à impluvium est composée d'un immense bâtiment circulaire à une seule ouverture, couvert d'un double toit dont l'un en forme d'entonnoir sert à récolter l'eau de pluie dans un bassin situé au centre de la case. Cette ouverture centrale sert aussi à laisser pénétrer la lumière dans la cour intérieure, en partie couverte, qui borde le bâtiment circulaire. Cinq familles du même clan peuvent y habiter (40 personnes vivent dans les plus grandes avec tout le bétail). C'est une véritable concession (hâk) à toit unique. On peut voir des cases à impluvium à Séléki ou à Enampore. On trouve des cases à étage avec véranda dans la région de Mlomp. La façade est ajourée de colonnes en banco. Certaines colonnes sont décorées et ressemblent à des colonnes égyptiennes (palmiers styli sés).

La vie artisanale:
Habillement
Femme. Le pagne est plus utilisé que le boubou. Chapeau de paille cônique.
Homme. Tunique en coton tissé, sans coutures sur les côtés, qui arrive à la hauteur des genoux. Large poche sur le devant; les musulmans portent des boubous en percale amidonnée, quelquefois brodée. La tunique rouge, teinte à l'aide d'une écorce, est réservée aux rois avec le bonnet en velours rouge.

Parure
Colliers et bracelets des tenues d'apparat des lutteurs et des danseurs, Colliers de perles des jeunes filles excisées. Nombreux gris gris.
Les coiffures des femmes sont très élaborées.

Tissage
Les femmes Diola filent le coton à l'aide d'une quenouille, appelée fotekun, petite tige de bois terminée par une toupie en terre cuite qui permet de la faire aisément pivoter. Dans la région de Séléki, ce ,ont les femmes qui tissent. C'est exceptionnel, car les Diola tissent peu. Ce sont les Mandjak les grands spécialistes du tissage de la Casamance.
Les tisserands Mandjak tissent des bandes étroites de pagne ornées de motifs stylisés représentant des animaux, des fleurs, des personnages.
L'exécution de ces tissus exige la collaboration de deux tisserands l'un lance la navette et fait lever les fils de la chaîne à l'aide d'une pédale (type du métier soudanais); l'autre, placé en arrière, derrière lisses, lève à la main des groupes de fils de la chaîne, liés ensemble, pour la composition des dessins (un peu comme le faisaient les tireurs de lac » des anciens métiers à la tire avant l'invention de la mécanique Jacquard).
Ces tissus brochés sont exceptionnels; on pourrait en faire des tapisseries remarquables en se servant uniquement du répertoire traditionnel.
Le tisserand s'appelle alira ahetya.
Les dessins sont souvent réalisés par l'opposition de fils blancs et noirs, mais il y a d'autres couleurs. On peut voir travailler des tisserands Mandjak dans les villages artisanaux de Ziguinchor et aussi à Soumbedioune (Dakar).

Vannerie
La vannerie est sans aucun doute (avec la poterie) la technique artisanale la plus riche des Diola. On a recensé plus de cent variétés de paniers de formes et de fonctions différentes (hémisphériques, côniques, cylindriques). Ce sont les hommes qui tressent les plus grands paniers (certains paniers greniers à riz atteignent 1,50 m de haut) et les vans.
Les femmes font les petits paniers et les parasols.
Les vanneries sont réalisées en fibre ou en feuilles de rônier suivant plusieurs techniques spiralées : les feuilles de rônier découpées sont cousues à J'aide d'une alène sur une chaîne de baguettes tissées en damier, en chevron, etc. On peut citer le tobegek, panier tressé avec une armature extérieure (un peu comme les célèbres paniers dogon); le hutukan, hotte avec couvercle (lames de feuilles de rôniers enroulées en cercles juxtaposés), l'eboer, vannerie en gros damier formant deux étuis qui s'emboîtent; de grandes épuisettes de pêche, des nasses, etc. Les femmes font aussi de très beaux chapeaux (toujours en fibre de rônier) et des entonnoirs.
L'écorce d'un figuier, battue, permet de faire des bandes étroites pour le support des poteries ou des calebasses et pour réaliser aussi les bretelles de suspension des hottes, qu'on passe sur les épaules et sur le front.
Les hommes tressent des nattes en feuille de rônier, qui servent soit de support de lit, soit pour faire sécher le riz. Les feuilles sont fendues en lamelles de 1 à 2 cm de largeur. Le vannier s'accroupit sur une extrémité des fibres qu'il maintient avec ses pieds. Sur cette chaîne il passe à la main les fibres dans le sens de la trame en réalisant des motifs proches de ceux du tissage (damier, chevron, losange).
Les vans, plateaux circulaires aux bords légèrement relevés, ont souvent un très beau décor réalisé par l'emploi de brins de différentes couleurs naturelles (du grège au noir). Les brins foncés tranchant sur le fond clair donnent l'impression d'une marqueterie. On en trouve au marché de Ziguinchor, d'Oussouye et d'Elinkine.


Travail du cuir
Il est fait par des artisans étrangers, la plupart Manding.

Travail du métal
Le forgeron diola (Alafâ, Ahana) est issu d'une caste fermée réservée à deux familles : les Lambal et les Dihieudiu. Ils ont le privilège de la forge, mais ils peuvent aussi donner ou guérir la lèpre. La forge diola est souvent un modeste abri circulaire formé de montants de bois, recouvert d'un toit de chaume. Au centre, le sol s'incurve en cuvette au fond de laquelle on fait le feu. Le soufflet est composé de deux sacs de peau fixés sur deux pistons actionnés à la main par un enfant.
Ils réalisent des armes, des instruments aratoires, dont le kayendo, sorte de pelle en bois composée d'un grand manche et d'une palette très allongée au profil curieux, qui est renforcée par une lame métallique sur son extérmité. Cette pelle sert à retourner le sol.
Les armes sont : les poignards (ekundo), les lances (kabay), les sabres (kadiasi), les arcs et les flèches qui sont toujours rangés dans la pièce principale diola comme une véritable panoplie.
C'est un forgeron qui réalise aussi les accessoires d'apparat pour les cérémonies rituelles (luttes, danses), comme ce petit marteau dont la tête est formée de cercles de laiton dans lesquels est fixé un grelot. Le lutteur (ou son clan) agite l'instrument qu'il tient par son manche en bois.
C'est souvent le forgeron qui réalise les masques pour la circoncision, masques ornés de corne de taureau et de graines rouges, et de deux petits miroirs symbolisant la nouvelle vie de l'initié.

Le Travail du bois
Ce travail n'est soumis à aucun interdit. Il n'y a donc pas de caste (les Laobé sont des artisans étrangers).
Avec le rônier on obtient l'hukobot, grande coupe cylindrique Pourvue d'un manche qui sert à prélever le vin de palme pour le boire après les repas, et l'ehindiaye, pichet qui permet de conserver vin de palme.
-Avec le bois de formager on fait le buhindiaye, sorte de grand plat creux à pied sur lequel on place le riz cuit.
Le palétuvier permet de réaliser de nombreuses cuillers : kaser (cuiller pour manger), fugabun (cuiller pour remuer) et le hunnun (écumoire).
Les mortiers qui servent à piler le riz sont faits soit dans le bois de palétuvier, soit dans celui du manguier (busikan). Les sièges diola sont remarquables de forme (cefendieng) ; ils sont taillés dans un tronc conique, avec quatre pieds évidés en mouvement évasé d'une très grande élégance (sorte de sablier). Les Diola font aussi des chaises longues en rônier (hubahun), des pipes taillées en bois, mais dont l'intérieur est recouvert d'une plaque de métal (cuivre ou t zinc), des bâtons fétiches gravés au couteau, des tam tams (kabisu), des pagaies de pirogue (les pirogues sont réalisées par des spécialistes étrangers) et des portes taillées dans le fromager.

La Poterie
Ce sont les femmes qui font les poteries. Leurs maris sont souvent vanniers (exceptionnellement dans la région de Fogny ce sont les hommes qui font la poterie). La technique se transmet de mère en fille, Les potières de la région d'Oussouye, dans les villages d'Edioungo et de Diouwent, sont réputées pour la qualité exceptionnelle de leur production. Entre autres, ces magnifiques gargoulettes à 3 ou 4 anses en demi cercle et cercle entrelacés, véritables sculptures modernes (eguta), et de grandes jarres très pures de forme pour conserver l'eau (gahi nun), des plats creux, des pots d'encens et des pots à tabac.
Les gargoulettes ont des formes extrêmement variées, le but étant d'obtenir le maximum de circuit pour que le refroidisse ment de l'eau par évaporation soit le plus efficace possible (elles ont toutes un anneau au centre pour les suspendre à un arbre).
Les potières font un mélange d'argile et de coquillage en poudre qui accroît la solidité des poteries. En guise de lissoir, elles utilisent un coquillage (le plus souvent une coquille d'huître). Les poteries sont séchées au soleil 5 à 6 jours. Ensuite, les potières enduisent l'intérieur et l'extérieur, à l'aide d'un pinceau en fibre végétale, d'un jus rouge d'une écorce macérée. La cuisson se fait sur un lit de plusieurs couches de branches de palmier. Au bout d'une heure ou d'un jour, suivant l'importance du feu, les potières retirent le pots des braises à l'aide d'un grand bâton. Quelquefois il y a deux cuissons. On peut trouver ces magnifiques poteries, soit au village artisanal de Ziguinchor, soit au marché d'Oussouye ou de Mlomp.
Dans un petit village des environs de Ziguinchor, une potière diola, Seyni Camara, réalise des personnages étranges ayant des têtes à deux yeux, quatre seins énormes. Elle a créé un monde fantastique, sans aucune influence extérieure ni religieuse, qui s'apparente un peu à l'art d'un Picasso, tant par la force qui en émane que par son originalité profonde. Il est impossible de trouver sa maison sans un guide.
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