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 Sénégal: Les Bassaris

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korrigane

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Localisation : le kremlin bicêtre
Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Sénégal: Les Bassaris   Jeu 10 Nov à 6:36

LES BASSARIS


Leur milieu et leur Histoire:
Les Bassari sont réfugiés depuis des siècles dans les régions proches du Parc de Niokolo Koba, dans le département de Kedougou au Sénégal. Une faible partie vit en Guinée.
D'après une légende Denianké, les Bassari seraient des descendants de l'empire Peul païen, fondé au vie siècle par Koli Tenguella.
Les Bassari sont considérés comme des maîtres religieux par les Koniagui et les Tenda, leurs voisins, très proches culturellement. Le pays des Koniagui, au Sénégal, se trouve dans la région de Youkounkoun et s'étend en Guinée où ils sont plus nombreux, Ils appartiennent au rameau Tenda dont l'artisanat et les coutumes sont assez proches de ceux des Bassari.

Leur vie sociale:
Il n'y a pas de caste chez les Bassari. Ce sont avant tout des chasseurs et des cultivateurs, mais on y trouve aussi des forgerons, des vanniers et des potiers. Les jeunes sont séparés en huit classes suivant leurs âges.

Leur vie religieuse:
Étant considérés comme les maîtres religieux des autres Tenda, les fêtes religieuses bassari ont un éclat très particulier.
Trois personnages jouent un rôle important dans leur religion
Kartes (dieu), le Lukuta (le diable) et Couyé (Fesprit des ancêtres).

Leur vie culturelle:
La plupart des chansons et des légendes des Bassari évoquent les méfaits du diable (arguemudo).
La fête du Nithj correspond à l'initiation des garçons de 13 à 14 ans passant d'une classe d'âge à une autre. Dès le début de la cérémonie, le chef du village invite un « diable » (aîné déjà initié qui a le droit de porter le masque figurant le diable) à lutter avec un candidat à l'initiation. C'est un combat assez violent, mais beaucoup moins qu'il y a quelques années. Les jeunes vaincus doivent se représenter l'année suivante. Dans l'arrondissement de Salémata, cette fête se déroute entre le mois d'avril et le mois de mai, suivant les années.
La fête des Ozin se fait après la récolte du mil (les Ozin sont des initiés de l'année. Ce sont eux qui dansent pour fêter le changement de saison.) Leur masque (lener) en feuille de rônier très fournie est surmonté d'un cimier en vannerie se terminant par une longue tige tressée en forme de point d'interrogation.
Les danses sont accompagnées de musique exécutée sur différentes flûtes.
Le Zogaré est la fête des femmes.

Leur vie artisanale:

Costume, parure
Le costume traditionnel est davantage porté chez les Bassari qui habitent au delà de Youkounkoun.
Il se compose pour l'homme d'une peau de chèvre ou de singe attachée aux reins et d'un étui pénien en fibre tressée (doka). Les jeunes gens ont des cerceaux de cuivre à la ceinture et des bracelets en aluminium aux bras et aux chevilles. Ils ont la tête rasée sur les côtés avec, au sommet, un cimier en forme de crête. Une épine de porc épic est passée au travers du nez. Le lobe de l'oreille est orné de petits anneaux. Ce costume tend à disparaître, mais il est toujours porté au moment des fêtes.
La femme porte également la tête rasée avec le cimier. Elle porte un petit tablier rectangulaire par devant et par derrière sur lequel sont cousus des perles et des cauris.
Pour les fêtes, la classe qui doit danser s'orne des plus belles parures, bracelets d'aluminium qui couvrent les bras, les poignets, le cou et le ventre.
La tête coiffée de tresses compliquées est ornée d'un immense cimier de plumes de vautours blanches et noires (parfois de 1,50 m de diamètre).
Aux chevilles des grelots rythment la marche des danseurs. Les filles ont leur parure de danse composée d'un pagne en perles de couleurs vives qui descend jusqu'à mi cuisse et se termine par une frange de clochettes qui tintent à tous les mouvements de la danse. Les bras et les jambes sont aussi chargés d'anneaux d'aluminium. Leurs cheveux sont tressés de fils rouges de laine et de perles.
La femme bassari plante l'épine de porc épic horizontalement dans ses cheveux pour indiquer qu'elle est la femme d'un chasseur qui a tué un animal d'honneur tel que panthère, lion, buffle.

Tissage
Ce sont les Peul, voisins, qui fournissent aux Bassari les bandes tissées en coton dont ils ont besoin (rayures bleues et blanches).

Vannerie
La vannerie est la grande spécialité des Bassari. Leurs nattes et leurs paniers en bambou sont d'une exécution remarquable (lamelles découpées).
La vannerie s'appelle niguida. Les vanneries bassari sont faites en feuilles vertes d'un palmier épineux qui pousse au bord des marigots ou en feuilles de rônier, au préalable bouillies et séchées.
Les femmes tressent des paniers, des chapeaux (lifas) aux dessins « pied de poule » et aux couleurs obtenues par des feuilles teintes en rouge, jaune ou noir. Sur le couvercle, des losanges figurent les yeux.
On admirera aussi les grands paniers dits bassari d'1 m de hauteur sur 0,50 m de diamètre; le panier dit ebatya en vannerie de bambou à grands dessins losangés, très beaux, qui sert à la femme pour ranger ses biens les plus précieux (bijoux), les bracelets de paille tressée, les éventails en forme de losange, les fourreaux de sabre. On peut trouver cette vannerie au marché de Fongolembi (pendant la saison sèche).

Cuir
Ce sont leurs voisins Malinké qui travaillent le cuir.

Métal
Le forgeron (nummo) réalise les armes et les instrument aratoires et les bijoux en fer (bracelet, bague, collier, ceinture) surtout pour les cérémonies rituelles, les cercles de cuivre portés au cou et aux chevilles.

Travail du bois
Il n'y a pas d'artisan spécialisé.
On grave des calebasses à couvercle pour l'huile (hendo) ou la bière de mil. Un grand récipient de bois de fromager (banda) est fait par les forgerons et sert à porter l'eau et à préparer l'huile de palme : on écrase les noix de palme avec un mortier en bois et l'on verse la pulpe dans le plat. On fabrique aussi de grandes cuillères en bois de fromager (tewo) et des lits en bambou.

Poterie
La potière s'appelle Bubadi.
Elle réalise des grands canaris de 1 m de hauteur sur 0,40 ni de diamètre, destinés à recevoir les réserves de grain. Un toit supporté par des poteaux en bois abrite ces greniers à céréales d'une famille. Signalons également les grandes jarres servant à faire cuire le riz (beneï), les encensoirs, les gourdes, etc. On risque de trouver cette belle poterie utilitaire, aux formes très pures, au marché de Fongolembi, mais elle est de plus en plus rare.
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