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 Sénégal: LES TOUAREGS

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korrigane

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MessageSujet: Sénégal: LES TOUAREGS   Jeu 10 Nov à 7:08

Leur Milieu:
Touareg, au pluriel; Targui, au singulier. Les Arabes les appelaient Moulathlamoun, les « Hommes voilés ».
Les Touareg sont environ 500 000 dispersés dans la région saharienne de la Lybie, de l'Algérie, du Mali et du Niger. Sur 500 000, les deux tiers sont les anciens captifs noirs (Bellah), mais ils font partie de la même ethnie,
Les zones habitées par les Touareg s'inscrivent dans un vaste triangle dont la pointe nord serait Ghadamès, la pointe sudouest les environs de Tombouctou et la pointe sud est Zinder (englobant Ghât et Djanet). On peut diviser les Touareg en plusieurs grandes régions :
- les Touareg du Hoggar : triangle dont les extrémités seraient constituées par les villes de Ghadamès, Tombouctou, Agadès, avec Tamanrasset au centre. Tribu Kel Ahaggar (Tamanrasset),
- les Touareg de l'Aïr nigérien : principaux lieux de rassemblement à Iferouane, Agadès (tribu Kel Aïr) et Tahoua dans le Sahel nigérien (tribu Kel Gress);
- les Touareg des Ajjers (Tassili) : principaux lieux de rassemblement à Fort Polignac, Djanet, Ghât (Tribu Kel Ajjer);
- les Touareg de l'Adrar des Iforas : centres à Kidal, Tombouctou, Gao, avec les Tenghéreghif, anciens seigneurs de Tombouctou, et les loullimmiden de la boucle du Niger (Agadès).
Les Touareg seraient des descendants directs des anciens pasteurs berbères, chassés au vile siècle par les Arabes en Lybie. Leur capitale était Garama; c'est pourquoi, dans l'Antiquité, on les appelait les Garamantes; ils ont laissé des traces de leur civilisation dans de nombreuses gravures rupestres.
Leur nom actuel de Targui proviendrait de Targa, nom du Fezzan, donné par les Arabes.
Certains Touareg ont conservé l'ancienne coutume lybienne de tresser leurs cheveux en petites nattes.
Ils parlent un dialecte berbère, le tamahok au nord, le tamachek au sud. Ils pratiquent encore un alphabet d'origine lybienne (ou berbère!) : le tifinar (ou tifinagh), formé de circonférences, traits, points, carrés, triangles, dont l'interprétation et les origines sont très controversées. On écrit verticalement ou horizontalement. Ce sont surtout les femmes qui utilisent encore cet alphabet.
Au nord, le Targui est resté berbère (Maghreb); au sud, il est noir ou fortement métissé. La pureté de sa race n'est pas fonction de la couleur de sa peau mais de ses liens de sang. Aujourd'hui, les Touareg constituent un peuple de même culture, mais ils sont formés de la fusion de l'ensemble des ethnies qui se rencontrent au Sahara ou en bordure. Ils sont en grande partie de race noire, en raison du nombre important des anciens esclaves (Bellah) qui se font recenser comme Touareg.
Les Touareg qui conservent le mieux leurs traditions vivent dans les montagnes du Hoggar, du Tassili et de l'Aïr. Ils sont de moins en moins nombreux. L'entité fondamentale des Touareg est la tribu composée d'éléments berbères, nègres ou métissés, mais tous associés intimement à la vie communautaire.
La couleur des tentes différencie les deux groupes : les tribus de l'Est ont des tentes décorées de rayures blanches, jaunes et marron (Kel Aïr, Kel Gress), tandis que les tentes des tribus de l'Ouest sont rouges et noires (Kel Ahaggar, Kel Ajjer, Iforas, Tenghéreghif, loullimmiden).

Leur Histoire:
Les Touareg se considèrent en grande majorité comme descendants d'un personnage historique, une reine targui du nom de Tin Hinan, ancêtre maternel de tous les nobles de l'ensemble des tribus sahariennes (la société berbère a été dans son essence matriarcale).
L'histoire des Touareg est celle des tribus dont ils sont composés et des luttes des confédérations entre elles, de leur éclatement ou de leur regroupement, de leur guerre contre les Noirs du Sud et de leur résistance au colonialisme français.
Les Touareg du Sahara ont subi la domination des empereurs du Mali et du royaume songhaï. La chute des Askia (dynastie noire soninké, ou sarakolé, musulmane) libéra les Touareg de l'Adrar, qui jouèrent un rôle important sous le puissant Aménokal Adal (vers 1600). L'anarchie leur ouvrit les rives du fleuve Niger et ils s'y installèrent. Cette confédération se divisa en deux groupes rivaux à la mort d'Adal. Le parti vainqueur prit le nom de loullimmiden. Ils quittèrent l'Adrar et s'étendirent surtout sur la rive gauche du Niger. Les Touareg de l'Aïr ont joué un rôle important dans tout le Sahel nigérien. Les monts de l'Aïr provoquaient des pluies qui leur assuraient en plein Sahara une base habitable. Ils descendirent vers l'an mille au Nord d'Agadès et, rapidement, subjuguèrent ou refoulèrent les anciens Haoussa du Sahel. Du XVIIe au xixe siècle, ils ont créé au Sud (rive droite du Niger), en terre cultivable, des zones de suzeraineté ou de véritables États autour de Madaoua (Niger), Damergou, Koutous.

Leur vie économique:
Les Touareg, hommes libres depuis des millénaires, sont menacés aujourd'hui par l'exploitation des richesses du Sahara. La découverte du pétrole et de l'uranium, les nouveaux réseaux routiers et aériens, et les divisions nationales des onze États sahariens, transforment rapidement le Sahara et la vie des tribus nomades. L'économie s'appuyait tout à la fois sur l'élevage nomade, le commerce transsaharien du sel, les redevances agricoles de leurs esclaves noirs. les péages, les pillages, éléments vitaux pour les Touareg, mais actuellement menacés de disparaître. Pour assurer pour encore quelques décades leur survie, on a maintenu le commerce du sel, en interdisant aux camions de le transporter. Les Touareg du Hoggar font encore chaque année plus de 1000 km pour aller vendre leurs plaques de sel gemme d'Amadror. Les Touareg Kel Gress ont l'exclusivité des pains moulés qu'on fabrique à Fachi et Bilma (Niger), débités ensuite en morceaux sur les marchés. Le «gallo», plaques marquées en bleu de Taoudeni (Mali), sont. par contre, transportées par les tribus arabes Almouchakares.
Les péages imposés aux caravanes de passage sur leur territoire avaient déjà été interdits par l'administration coloniale. Par contre. depuis l'indépendance, quand les Touareg du Hoggar (les Kel Ahaggar), devenus malgré eux, citoyens, algériens, se déplacent dan, l'Aïr pour y mener paître leurs troupeaux, ils sont obligés de pay er une taxe à la République du Niger, afin de dédommager les Touareg du Niger !
Cette ethnie Touareg, comme hélas beaucoup d'autres en Afrique. est menacée de disparaître.
Elle a su, au prix d'une vie difficile dans des régions arides, rester authentique et cela en dépit de toutes les nombreuses influences; étrangères.
Les nouvelles conditions de vie au Sahara vont les obliger, soit à s'adapter au monde moderne, soit à disparaître. C'est un peuple trop fier et libre pour accepter un mode de vie différent de celui de leurs ancêtres.

Leur vie sociale:
Il existe encore, chez les Touareg, un système de classes sociales du type féodal surtout basé sur les liens de sang.
Les Imochar, ou Imaggaren, classe des nobles guerriers au sang pur de tout métissage. Un Targui noble ne travaille jamais de ses mains il s'estimerait déshonoré mais il s'occupe avec soin de ses troupeaux, l'élevage étant considéré comme un travail noble.
Les Imraden, classe des vassaux, hommes libres au sang moins pur par suite de métissage avec les Noirs.
Les Iraduellen, classe des esclaves, des captifs et des artisans.
Les esclaves sont chargés des gros travaux domestiques et de la garde des troupeaux. Les Bellah sont, soit d'anciens prisonniers faits au cours des razzias, soit des descendants d'esclaves. Les artisans, qu'ils soient de race noire ou métis, issus de relation entre les nobles et les femmes Bellah (comme les Ibarogan du Sud) ou de race blanche (comme les Inaden) sont tous méprisés par la classe noble. Ce sont des « chassés de Dieu », des intouchables, mais l'ensemble de ce groupe constitue par sa cohésion une véritable ethnie Touareg. Pour le Mâlem, artisan spécialisé dans le travail du bois, du cuir et du métal, il ne s'agit pas seulement d'un mépris fondé sur la couleur de la peau, ni sur l'activité manuelle, mais surtout de la crainte des pouvoirs surnaturels que cet artisan possède par l'intermédiaire des djnoun qui habitent les quatre éléments.
La terreur que ces artisans inspirent à leur maître très superstitieux est si grande qu'ils s'écartent d'eux à leur passage et se bouchent les oreilles pour ne pas entendre leurs chants (car ces artisans sont aussi musiciens). Les hommes redoutent le mauvais oeil et les femmes la stérilité.
Chaque tribu possède un ou plusieurs Mâlem qui la suivent dans ses déplacements. Dans les Ksour du Sahara, on trouve des artisans sédentaires. Ils sont peu islamisés, c'est pourquoi l'art touareg, bien qu'islamisé par ses motifs géométriques, a conservé néanmoins des racines profondes pré islamiques.
La famille se compose du chef de tente, de sa femme, de ses enfants et de ses esclaves.
La société berbère, à son origine, était matriarcale, aussi la femme Targui joue t elle un rôle privilégié dans la vie sociale et politique. Elle est libre, Elle peut choisir son mari. Divorcée, elle deviendra ahsis, libre de tout lien.
Comme ce sont les femmes Bellah qui font tous les travaux, y compris la cuisine, la femme Targui se cultive, se repose, se gave de nourriture, de bonbons, de thé. Elle devient très vite obèse, ce qui est un signe de beauté très apprécié par les maris.
Ce sont elles qui sont les dépositaires de la langue ancienne et de l'écriture Tifinar.
Le Targui a un grand sens de l'hospitalité, toujours prêt à accueillir sous sa tente l'hôte qu'Allah lui adresse à l'improviste et à lui servir les trois verres de thé rituels présentés sur un plateau en cuivre.
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korrigane

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MessageSujet: Re: Sénégal: LES TOUAREGS   Jeu 10 Nov à 7:09

Leur vie Religieuse:
Le Targui, étant foncièrement indépendant, a été le plus réfractaire à l'Islam. D'ailleurs, les vrais musulmans appellent les Touareg « les abandonnés de Dieu » et lancent contre eux des malédictions comme pour les païens.
L'lslam, surtout dans le Sud, a été un facteur d'assimilation des esclaves. Au moment de la prière, maîtres et serviteurs se réunissent ensemble sans aucune différence. Mais en dépit de cette islamisa ion presque totale, il n'y a pas un peuple plus superstitieux que les Touareg. Ils portent tous de nombreux gris gris, pour conjurer le mauvais sort, éloigner les esprits maléfiques. Certains lieux sont hantés par ces esprits et il serait très dangereux de s'en approcher.
Les Touareg n'ont pas renoncé aux cultes anciens. Chaque rêve a une signification précise; on trouve, d'autre part. certaines traces de totémisme et du culte des ancêtres.

Leur vie culturelle:
L'arrivée de la grande caravane qui a lieu deux fois par an, est le prétexte de grandes réjouissances (carrousels de chameaux, course de méharis avec comme récompense au vainqueur une écharpe parfumées). La cure salée d'ln Gall. à l'ouest d'Agadès, permet la rencontre de, nomade, en us, de tous les coins du Sahel : Peul et Touareg venus de l'Air. du Talak et même du Hoggar. C'est au cours de cette rencontre que les Touareg
célèbrent les fêtes qui n'ont pu avoir lieu pendant leurs déplacements (mariages. naissance>. initiation». C'est la période des rencontres entre jeunes gens et jeunes filles dans les célèbres « cour d'amour ».
Les femmes y jouent de l'imzad (violon ayant la forme d'une mandoline à une seule corde).
Les Touareg sont particulièrement sensibles à la poésie : poèmes évoquant des récits guerriers ou amoureux (le plus grand hommage qu'on puisse faire à une femme, c'est d'évoquer le nombre de ses admirateurs).

Leur vie artisanale
Nous avons vu, à propos de la vie sociale, la division en caste et le rôle particulier attribué aux artisans.
Dans presque toutes les tribus Touareg, on trouve deux catégories d'artisanat : un artisanat familial pratiqué par les femmes et les serviteurs sous la tente, réduit aux objets ménagers courants (tannage du cuir, vannerie, filage de poils de chèvre) et un artisanat professionnel (pratiqué par les Inaden). D'autre part il faut bien souligner la différence importante entre l'artisanat des nomades et celui des sédentaires fixés dans des centres comme Agadès, Tahoua, Zinder, Tombouctou, Gao, etc. Par exemple, dans la région de Tahoua, on a identifié chez les nomades cinq tribus artisanales :
- Les Ikanaouen, de race blanche, originaires de Toudouk, essentiellement potiers. Ils vendent leur production à la clientèle nomade de leurs régions de parcours. Les hommes sont chargés de la recherche de l'argile, de sa préparation, de la cuisson et de la vente; les femmes façonnent les pots,
- les Ibarogane, de race noire, d'origine songhaï. Les femmes tissent des nattes, tressent la paille (vanneries diverses), façonnent et décorent les cuirs. Les hommes tressent des cordes. Ils sont méprisés au même titre que les Ikan (Touareg Noirs) :
- les Inadane, ou Inaden, de race blanche, subdivisés en Inadanetalak qui travaillent le bois, Inadane tizoli, forgerons, Itabaïtabayane ou Tamana, dont la spécialisation est le travail du cuir. Caste très méprisée, surtout du point de vue religieux, le seul contact avec leurs vêtements est une souillure. On les considère comme des anciens juifs, d'origine lybienne, installés à Touat. Ils parlent d'ailleurs un dialecte qui ressemble à l'hébreu. Les Touareg nobles les accablent de mots méprisants.
- les Ikadammane, groupe maraboutique spécialisé dans la fabrication et la vente des amulettes coraniques. Leurs femmes tressent des nattes paravent (chétek), très finement décorées qui se vendent cher (deux vaches pour une belle natte);
- les Kel Essouk, groupe maraboutique dont les hommes sont chargés du travail des peaux et les femmes tissent des nattes de lits, Dans les villes, les artisans sédentaires sont souvent regroupés par rues ou par quartier et par famille. Ils appartiennent à des ethnies très variées, mais de castes spécialisées dans une technique. Les tisserands sont Zarma ou Haoussa. Par exemple, à Tahoua, voici, dans l'ordre social, les artisans sédentaires qu'on y trouve : les forgerons, les cordonniers Takalmites, les tisserands téra, les tisserands sakala, les tisserands de bandes étroites massaki, les tanneurs, les briquetiers, les potières, les bouchers.
Les forgerons se trouvent toujours un peu en dehors de la ville, dans des huttes couvertes de nattes.
Les artisans nomades des tribus artisanales de lAder viennent aussi vendre leur production dans les marchés, mais, en général, c'est le système des commandes qui domine.


Habillement
Homme. L'essentiel de l'habillement des Touareg se compose, pour les nobles, de l'haît, d'une vaste tunique de laine (ou de coton) et d'un large pantalon serré à la cheville.
Les tuniques sont en général de couleur indigo. Cette couleur déteint sur la peau à laquelle elle donne un teint bleuâtre, d'où l'expression « hommes bleus » (qu'on donne aussi à tous les nomades qui utilisent l'indigo).
Le Targui enturbanne sa tête avec un morceau de même étoffe que celle de ses vêtements, qu'il complète avec le litham qui cache presque entièrement son visage (sorte de grande écharpe d'un mètre cinquante de long, enroulée autour de la tête). Le turban (takoumout) est surchargé d'amulettes métalliques en argent ou en cuivre.
Il ceint ses vêtements à l'aide d'une ceinture de cuir décorée. retenue par deux baudriers de cuir ou de cotonnade blanche, croisés par devant et par derrière. Il se chausse de sandales à larges semelles adaptées à la marche dans le sable. Il porte toujours une épée à double tranch et, dont la garde est en croix, et un poignard passé au bras gauche à l'aide d'un bracelet de cuir. Les Arabes appellent fréquemment les Touareg du nom de Moulathlamoun, les voilés, parce qu'ils ne se séparent jamais, ni pour boire ni pour manger, ni le jour, ni la nuit, de leur litham (tamengout). Les Bellah se vêtent comme les Touareg et portent le litham.
Femmes. Les femmes nobles s'enveloppent, elles aussi, dans des vêtements de cotonnade amples et de préférence de couleur indigo. Les femmes Bellah portent encore un pagne fait de peau de mouton ou de chèvre tannée et agrémentée d'ornements et de franges en cuir (cela ressemble à un grand tablier de cuir).

Parure (coiffure, bijoux)
Les Touareg jeunes n'ont souvent qu'une touffe de cheveux, juste au milieu du crâne (croyance islamique). Les hommes portent les cheveux longs qui dépassent en touffes le sommet du litham.
Dès qu'ils sont en âge de se battre, les hommes portent au dessus du coude droit un anneau de pierre polie, en serpentine de couleur verte ou en schiste de couleur foncée. Grâce à ses vertus magiques, ce bracelet est censé donner plus de force au bras pour porter un coup d'épée. Il protège aussi contre les djinns.
Par contre, la pierre, même tranchante, est trop fragile pour prétendre, comme certains auteurs, que ce bracelet servait aussi, dans les combats corps à corps, d'arme pour fracasser la tempe de l'adversaire. Certains de ces bracelets sont ornés d'inscriptions en tifinar (exaltant la passion d'une femme pour l'homme qu'elle aime). Cet anneau est quelquefois en bois (on en a même fait d'importation en pâte de verre noire, veinée de blanc, pour concurrencer la pierre).
Certains Haoussa, Songhaï, Dogon, Maure et Peul portent aussi cet anneau comme ornement, voulant imiter les Touareg pour qui ils ont beaucoup d'admiration en dépit des vieilles rivalités.
Il existe deux centres de production de ces anneaux : Hombori, au Mali, où l'on fait ces anneaux dans un calcaire fin, ressemblant à d Li marbre à veines noires et blanches, extrait à Belia, et la région de l'Aïr, au Niger, où l'on trouve un schiste vert très tendre, extrait à Goufat.
René Gardi a découvert des artisans qui travaillent ces pierres dans le village d'Abardec (situé à 100 km d'Agadès, au pied des massifs de l'Aïr). Après avoir extrait les pierres brutes, ils abandonnent leur village pendant des semaines, fabriquant les bracelets au cours du voyage qui les conduit sur les marchés d'Agadès ou de Dakoro (au nord de Maradi) où ils vendent leur production ou l'échangent contre d'autres marchandises.
La technique de fabrication est la suivante : les pierres tendres ,ont dégrossies à l'aide d'une herminette. Une fois qu'elles ont Une forme arrondie, si le bracelet est plat, elles sont coupées en deux à l'aide d'une petite scie archaïque; si le bracelet est rond, Iles sont progressivement arrondies à l'aide d'une lime, puis polies avec du sable humide.
La pierre brute est assez claire; chaque anneau, une fois poli, est enduit d'huile et passé au dessus d'un petit feu de brindilles. L'huile brûle et pénètre dans les pores de la pierre. Le bracelet est ensuite frotté énergiquement avec un petit morceau de peau ou le tissu. L'artisan obtient ainsi une très belle patine d'un beau noir mat, avec les reflets verts de la pierre (une fois porté, il y a aussi des reflets bleus dus au frottement des tissus indigo).
Tous les hommes et toutes les femmes Touareg possèdent une petite pince (irendam) portée en sautoir sur la poitrine, qui sert enlever les épines. Le modèle des hommes possède, en plus de à pince à échardes, un poinçon et une petite lame de couteau.
L'irendam des femmes n'a qu'une pince, mais elle est montée sur ne poignée très décorée, qui en fait un véritable bijou aux formes très variées, suivant les tribus.
Il est souvent porté à l'extrémité du châle (un peu comme une roche) ou comme un pendentif, suspendu sur la poitrine par un cordonnet de peau.
L'armature en fer est recouverte de cuivre jaune avec des bandes transversales en cuivre rouge. Le centre est en aluminium, le décor est gravé dans la masse.
L'irendam de l'homme est presque toujours placé dans un petit ,étui en cuir suspendu à la poitrine.
Les femmes nobles Touareg sont très coquettes, elles se maquillent (leurs yeux sont cernés de khôl) et portent de nombreux bijoux (bagues, bracelets, anneaux aux oreilles, en argent massif ou ciselé, amulettes).
Un certain bijou se transmet de mère à fille; il est composé d'une chaîne d'argent ciselé et d'un pendentif formé de deux couronnes, l'une en verroterie bleue, noire et verte, l'autre formée de petits hexagones en argent, encadrant un ovale en ivoire.
Les femmes portent autour du cou un petit sac de peau qui contient des ciseaux, un petit miroir, des baguettes à maquillage, du tabac à priser.
Les croix d'Agadès, de Tahoua, d'Iférouane, sont des symboles de richesse. Certaines jeunes filles ont jusqu'à trente croix liées en collier autour du cou.
Les femmes portent aussi de nombreuses bagues en argent aux chatons plus ou moins compliqués, des bracelets de chevilles et de mains, en argent ou en cuivre, torsadés et décorés de motifs striés. Elles apprécient aussi, comme toutes les femmes nomades, les colliers de perles multicolores.
La coiffure est compliquée les femmes tressent leurs cheveux de petites nattes torsadées qui sont maintenues sur la tête à l'aide d'épingles taillées dans de l'os.

Tissage
Les Touareg ne tissent pas et jamais ils n'ont introduit cette technique dans leurs campements (sauf pour les tissages des bandes étroites de leurs tentes). Au Mali, ils achètent leurs couvertures aux Peul de Mopti ou de Gao, ou les couvertures rayées de Dori et de Dosso, tissées par les Zarma. Au Niger, ils s'adressent aussi aux Zarma, qui tissent des couvertures de cinq bandes de 72/28 ou des pagnes (tera) constitués de douze à dix sept bandes de 9 cm, ou aux Haoussa qui tissent des bandes plus étroites. Les plus beaux tissages sont exécutés à Goundam ou à Niafunké (Mali).
Une exception concerne les femmes Touareg de la ville de Ghât (frontière de la Lybie) dont le tissage est une occupation considérée comme noble. Comme chez les Dogon, tisser (tarat) veut dire labourer. Elles tissent des manteaux d'hommes. La chaîne est préparée à l'aide de huit bâtons plantés dans le sol (quatre d'un côté, trois de l'autre, et un au milieu) entre lesquels elles tendent les fils de la chaîne (ourdissage). Elles montent ensuite la chaîne sur un métier vertical. Elles marquent le tissu fini aux quatre coins par sept dessins tissés en laine rouge et verte. Le manteau est teint en rouge, en bleu, ou en noir, les trois couleurs traditionnelles des vêtements de Ghât.
Les hommes sont en blanc, en plus du litham indigo, les femmes nobles en rouge, et les esclaves en noir.

Broderie
Seules des broderies haoussa décorent les vêtements de cérémonie, les ghati des Touareg du Hoggar ou du Tassili (achetés au Fezzan, à Ghât ou à Ghadamès). Ils sont aussi portés par des chefs Touareg de la boucle du Niger, avec des broderies songhaï.
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MessageSujet: Re: Sénégal: LES TOUAREGS   Jeu 10 Nov à 7:09

Vannerie
Les femmes Touareg de l'Aïr tressent des rubans avec des fibres de palme. Ces tresses cousues ensemble forment des nattes para ents qui servent de mur à l'intérieur des tentes pour isoler des eards indiscrets et s'abriter contre les vents de sable, lorsque les :Uns de la tente sont relevés pour permettre une meilleure aération. Niais, en général, ce sont les femmes Bellah qui pratiquent cette activité et viennent vendre leur production dans les marchés locaux Les nattes paravents sont très fines et très longues (6 à 8 m sur 80 cm), souvent décorées de motifs géométriques à l'aide petites lanières de cuir teint en noir, rouge, vert et tissées avec le raphia Elles s'appellent Issaber, Assaber, ou Chetek. Au Mali, Diré (marché le mardi) est le centre le plus important de la vannerie Bellah. On y trouve différents modèles : khalata, genre de natte rigide faite avec des lamelles de raphia ou des lianes, appelées missiz, assemblées les unes aux autres à l'aide d'une chaîne de cuir (on les place sur le lit nomade).
On trouve aussi des nattes plus simples (1,80 x 1 m) sans dessins polychromées par teinture après le tissage (rouge, violet, brun), des nattes de prière, taoussit.
Pour chaque natte, les matériaux sont différents (graminées variées, fibre de palmier doum, lanières de cuir). Les motifs géométriques sont très proches de ceux obtenus par le tissage (chevron, damier, carreaux, étoile à six branches). Aussi, pas une natte n'est semblable.
Les gourdes à beurre sont faites de vannerie en fibres de palmier doum; elle sont recouvertes de peaux pour les rendre étanches et ornées de franges de cuir. Les paniers à thé sont faits selon la même technique.
Au Mali, dans la région de Diré, on trouve des paniers aux formes très pures, réalisés en feuilles de palmier, de couleur naturelle (jaune pâle) avec quelques motifs décoratifs en bandes de cuir teintes en bleu, rouge et jaune. Mais, en général, il y a peu de vanneries chez les Touareg nomades; elles sont remplacées par des récipients en bois ou des calebasses.

Cuir
Comme chez les autres nomades, le travail du cuir est l'activité artisanale la plus riche et la plus variée des Touareg : selles pour les chameaux et les chevaux, harnachements, sacs, tapis, coussins, vases à onguents, boucliers, etc.
Les femmes Touareg nomades sont très habiles pour broder et inciser le cuir. Elles n'ont pas besoin de faire appel aux femmes d'artisans. C'est la mère qui connaît les motifs et les techniques traditionnelles et les transmet à ses filles. Mais chez les Inaden, les Inaden Tizoli et les Itabaïtabayane sont spécialisés dans le travail du cuir et réalisent tassoufra (grand sac), takalmi (sandales), guerba, etc.
Ils se louent à des chefs nomades ou à des nobles sédentaires. Les hommes façonnent des bijoux, des fourreaux de poignards, des armes et les selles de chameau, et ce sont les femmes qui tannent les peaux et réalisent ensuite sacs, coussins, portefeuilles, amulettes. Plusieurs femmes se partagent le travail et signent en tifinar, séparément, leur part de travail. Certaines tassoufra demandent des mois, même des années de travail à plusieurs artisans.
L'outillage et la technique sont proches de ceux des Maure mais avec de nombreuses différences locales. L'ornementation est beaucoup plus réalisée avec les techniques de l'excision au couteau et de la passementerie de lanières ajourées et ciselées, qu'avec celles du dessin à la plume ou au pinceau.
Dans la région d'Agadès, le cuir est gratté. Le fond est presque toujours rouge avec des panneaux teints après coup en noir. Sur ce fond de deux tons, le décor est fait en incisant la surface, en damiers par exemple.
Chez les loullimmiden, le décor est plus pauvre. Chez les Touareg du Sud Est (Kel Gress, Kel Aïr), le décor est dessiné à la plume à l'encre noire. Des bandes de franges décorées par incision et grattage sont fixées à chaque extrémité.
Le cuir vert, dit d'Agadès (Niger) ou de Kano (Nigeria), étant la couleur noble des Touareg, est particulièrement utilisé. Cette couleur est aussi un symbole de protection. On peut ainsi facilement identifier un travail touareg par l'utilisation de cette couleur, les Maure ne s'en servant pas. Ce vert émeraude assez vif est une préparation à base d'oxyde de fer, de natron, de poils de chèvre et d'huile d'arachide, à laquelle on ajoute du sulfate de cuivre en poudre. Il est solide à la lumière. On utilise aussi maintenant des teintures européennes à base d'aniline, moins résistantes que les teintures naturelles. Les autres couleurs employées sont le noir (oxyde de fer ou noir de fumée) avec de la gomme arabique, le blanc (riz blanc pilé et petit lait), le jaune (fleurs et fruits du grenadier), le rouge (riz de mil bouilli, natron et eau), cette couleur n'étant pas très solide à la lumière.
Les symboles ressemblent à ceux des Maure (protection contre le mauvais oeil, soleil, lune, étoiles, lézards).
Le « sourcil du diable » est un message que tous les Touareg savent lire et qui veut dire : « Que les astres t'accompagnent et guident ta route, que la sagesse des anciens soit sur toi. »
Dans la région d'Agadès, on retrouve des motifs de broderie haoussa sur les sacs à effet touareg (décor du cercle toundou).
Le sac à effet taseïhat ou ebaoum est destiné aux femmes (nord de Gao). Ces sacs sont fermés par des cadenas décorés.
La tassoufra, sac pour homme, est proche de celle des Maure (cuirs appliqués, lanières de peau, utilisées en passementerie). Le fond est rouge ou jaune avec du cuir vert en appliques. Celles des loullimmiden de l'Ouest (région de l'Azaouak, cercle de Tahoua) demandent deux ans de travail de quatre artisans, tellement l'ornementation en est riche.
On trouve également des coussins de ormes variées, brodés de fils de couleur (fond bleu clair), le décor est formé à chaque extrémité de trois cocardes brodées de deux ou trois couleurs à base orange ou de bleu. Les coussins de Kel Aïr sont ronds ou allongés. Ils servent, soit d'oreillers, soit de garnitures aux bâts des femmes les plus riches. En effet, à chameau ou à boeuf porteurs, on place transversalement par dessus le bât deux coussins rembourés, puis on place des coussins plus longs, les uns formant dossier, les autres accoudoirs (six à dix coussins sont nécessaires pour réaliser cette sorte de divan très confortable). Enfin, des coussins ronds ervent à compléter cet échafaudage. L'assemblage de couleurs chaudes de ces différents coussins est d'un très bel effet décoratif. Les dessins géométriques, très purs, ressemblent à des Mondrian. Les coussin s accoudoirs des Touareg Tenghéreghif ont des motifs d'inspiration phallique.
Notons aussi la grande sacoche pour harnachement de chameau dans laquelle le Targui charge tout ce dont il a besoin : mil, thé, tabac à mâcher, sucre, vêtements. L'eau potable est transportée dans des outres d'agneaux, ainsi que le beurre.
Les boîtes en cuir tannées et décorées, dites bata, sont faites surtout à Agadès par une caste particulière d'artisans d'origine haoussa. Les femmes se servent des bata pour y mettre des parfums, des fards, du tabac ou des bijoux.
Ce sont les hommes qui leur en font généralement cadeau. On les appelle aleboutan tefarchit (boîte à parfum), tafandouk (boîte à fards). Les modèles de forme ronde sont utilisés par les hommes pour mettre du tabac.
Les sandales samaras (takalini en haoussa) se prêtent. par leur surface plane, à des recherches décoratives extrêmement variées.
Les plus belles viennent d'un groupe d'artisans sédentaires de Filingué, à l’Ouest de Tahoua brodée au poinçon et à l'alène de fines lanières de peau (rouge, jaune et noir).
On fait aussi des bottes en cuir. Le décor. vert et rouge des fourreaux d'épées (takoubal) et des poignards est remarquable.
Les boucliers en peau parcheminée d'oryx mâle (ou parfois de girafe) incisée et décorée d'appliques de cuir vert à signification magique et de signes en tifinar sont de plus en plus rares (sauf les reproductions, mauvaises. pour touristes).
On peut encore en découvrir des anciens chez les Kel Aïr (Touareg du fleuve).
Au Sahara, on ne trouve que le chameau à une bosse, sur laquelle se place la selle des Touareg, le rahla. Les selles sont la fierté des Touareg. Souvent le cuir décoré du dossier est protégé par une housse de toile blanche qui fait ressortir encore plus la richesse des couleurs des tapis de selle (rouge fuchsia, vert, jaune, violet). Les meilleurs selliers sont les forgerons de l'Aïr, établis dans la région d'Agadès. C'est pourquoi les selles d'Agadès sont les plus renommées. Le procédé de travail s'appelle amanzar, la selle d'Agadès, tamazaq. Le dossier et la croix sont faits de plusieurs montants assemblés de bois d'euphorbe, léger et facile à travailler. On recherche un petit arbre le plus vieux possible pour y tailler ces montants, qui sont ensuite rembourrés de fourrure (chèvre); des bandes de cuir de vache (ou de chèvre) gainent le tout. Le cuir vert de Kano est collé avec une bouillie de mil appliquée à l'aide d'un galet très lisse et fixé après avec des petits triangles de laiton et de métal blanc (quelquefois d'argent). Les trois éléments de la croix sont entourés d'une tôle de laiton. Le pommeau en forme de croix n'a pas de fonction utilitaire. Aucun Targui ne s'y appuie. C'est une protection surtout pour les marches de la nuit (pour que le chamelier ne s'égare pas). On y trouve, au centre, le signe de protection de « l'oeil de l'oiseau de nuit ».
Il faut presque un mois pour réaliser une belle selle. On trouve aussi des selles et des harnachements pour les chevaux. Dans la région de Tahoua, ces selles sont recouvertes de peaux de guépard.
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korrigane

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MessageSujet: Re: Sénégal: LES TOUAREGS   Jeu 10 Nov à 7:10

Métal
Chez les Touareg, forgeron signifie toujours artisan. Les artisans n'ont jamais de stock. Ils fabriquent sur commande quand ils sont assurés de vendre. Ils travaillent à la fois le fer, le cuivre et le bois et réalisent des armes, des outils, des bijoux.
A la suite de la Seconde Guerre mondiale, les Touareg possédaient de nombreux fusils à répétition. Les autorités françaises ont exigé leur restitution en 1950. C'est en grande partie à cause de cette interdiction des armes à feu que la fabrication des armes traditionnelles a repris un nouvel essor.
Le décor de la lame de l'épée (takouba) situe le rang social et le caractère de celui qui la possède, conférant un certain pouvoir à la takouba.
Le fourreau et les sangles de fixation pour le baudrier sont toujours richement décorés (applique de cuir vert et décors gaufrés au fer). Les motifs gravés à l'acide sur les lames correspondent à d'anciennes marques d'acier européen (allemand, espagnol, génois, etc.). Pour les Touareg, l'épée à une « âme » chaste, vertueuse. Ses différentes parties ont des noms se rattachant au corps humain : tête blanche (pommeau), moelle osseuse (fusée), épaule (garde), bouche (fil), langue (pointe).
Les dagues bracelets (gozma dans l'Aïr, rilok au Hoggar) se fixent sur l'avant bras gauche, garde en avant pour être rapidement saisies (véritable arme de jet) en cas de danger imprévu (c'est un peu le pistolet des western!)
Sur le manche, des petits rubans de cuivre et de laiton protègent le Targui, puisque l'association de ces métaux a la vertu de tarir le sang des blessures. La lance (tallak) est une sorte de javelot à hampe en bois (tallak, akazkaz), dont le fer de lance est hérissé de petites barbelures (pour blesser plus profondément à la chasse). La hampe de la lance est en métal. Pour les danses cérémonielles, ces lances sont munies de clochettes.
Des cadenas très astucieux et artistiquement décorés servent à fermer les grands sacs de cuir.
Les marteaux, les pinces à sucre, ne sont pas exclusivement des objets utilitaires pour casser les pains de sucre. Comme pour les autres ethnies nomades, un certain rite accompagne la préparation du thé. Les Touareg mettent les verres à thé et la théière dans une petite corbeille spéciale. Le thé vert est enfermé dans des petits sacs de cuir en peau d'agneau ou de gazelle.
Le marteau à sucre est gravé aussi richement qu'un bracelet. Il s'appelle tafadist. Il est en laiton fondu à la cire perdue, sur une tige de fer. Le bas du manche est terminé par une tête d'argent massif à facettes gravées, le haut par une plaque de cuivre rouge soudé (on y ajoute parfois des reliquaires dans lequels sont placés des versets du Coran ou des formules magiques),
La pince à sucre ressemble à un sécateur (influence européenne certaine), elle est décorée, elle aussi, de gravures au burin.
Les caveçons du chameau (ou du cheval) sont ornés avec un art tout particulier. Ils sont surtout utilisés pour les fêtes (carrousel ou courses). Ils portent de nombreuses amulettes (clochettes en triangle) pour éloigner le mauvais oeil. C'est un objet de prestige et un gage d'amour offert après la « cour d'amour » par une femme qui prend le soin de tresser elle même les rênes.

Bijoux
Dans le lourd pendentif (chira) de forme triangulaire (protection du mauvais oeil ou symbole du sexe féminin et de fécondité), on place soit un verset du Coran, soit une formule magique. Représentant une figure anthropomorphe très schématique, il est rehaussé par des appliques de cuivre rouge.
Les pendentifs en argent, groupés sous le nom de Croix d'Agadès (zakhart), se fabriquent aussi, avec des variations, à Iférouane (oasis dans l'Aïr) à Kano et à Tahoua. La forme originale est une sorte de renflement à bourrelet, symbole phallique très précis (on le trouve encore sous cette forme ancienne taillée en pierre tendre). L'évolution de ce motif s'est orientée vers une réalisation en surface plane, dans laquelle on retrouve comme écrasés tous les éléments primitifs, transformés en croix avec le centre ajouré.
Le symbole de fécondité est devenu double avec une stylisation du sexe masculin (la pointe de la croix) et féminin (le creux du centre) étroitement associés, image du couple et que les femmes Touareg portent quand elles veulent avoir des enfants.
Par contre, quand le mari part, la femme Targui porte un pendentif gourou en forme de losange, symbole alors unique du sexe féminin.
Ces pendentifs, comme les armes, sont faits à l'aide de la technique de la cire perdue (emprunt sans doute des Yorouba du Nigeria). La croix est d'abord modelée en cire, enduite de fine argile. Au feu, la cire s'écoule par des petits canaux. Elle est remplacée dans le moule par l'argent en fusion (fondu dans des petits creusets en terre). La croix est ensuite dégagée du moule en terre, polie et ciselée (faute d'argent brut, on se sert souvent de pièces de monnaies anciennes).
Le forgeron Targui réalise ces chefs d'oeuvre avec des outils très rudimentaires : accroupi sur une natte (parfois à même le sol) les jambes croisées, il travaille des heures dans cette position qui peut sembler inconfortable. L'enclume est une simple tige d'acier. Le sommet correspond à un carré de 10 cm sur 10 cm enfoncé directement dans le sable ou la terre. La forge est un trou dans le sol, entouré de quelques pierres et relié à un soufflet qui attise le charbon de bois.
Pinces, marteaux, limes, burins, complètent cet outillage très archaïque. La plupart des outils (couteaux, houes, herminettes, sarcloirs) sont réalisés par le forgeron. Les outils plus spécialisés ,ont faits par l'artisan lui même.

Le bois
Nous avons constaté que le forgeron Targui travaille aussi le bois (comme d'ailleurs dans beaucoup d'ethnies africaines). Au Sahara, le bois est une matière rare et précieuse, aussi les objets usuels réalisés en bois sont ils transmis de génération en génération, et souvent réparés.
La pièce la plus importante est le palanquin (ekhaoui) qui sert à transporter les femmes plus confortablement sur le chameau. Il est construit en bois d'acacia, orné d'applications de cuivre et d’incrustations de petites tiges d'argent.
Le lit est isolé par quatre pieds, pour éviter les scorpions.
Les montants transversaux des lits (assekbel) sont gravés au burin comme une pièce en métal ou pyrogravé de dessins géométriques. Les pieux servant à supporter les traverses du lit et les piquets sont découpés dans des planchettes de bois, parfois ajourées motifs géométriques (croix, losanges, etc.) donnant une impression de très grande fragilité. supports de coussins sont réalisés dans le même esprit, ainsi que des porte calebasses aux pieds sculptés.
Un grand bol en bois, récipient à lait, l'aylal, joue pour les Touareg rôle de la calebasse des Haoussa. Il est remplacé souvent, hélas, par des cuvettes émaillées. Le décor est simple, quelques bandes parallèles en creux, ou incisées au fer rouge. Le galbe est d'une très grande pureté.
Plats creux, coupes à dattes, cuillères en bois, sculptées ou pyro ont des formes très variées, mais toujours fonctionnelles tisokalin), la pointe du manche de la cuillère se termine souvent a r une sculpture évoquant la croix d'Agadès ou le pommeau de la file de chameaux.
Les louches (ammôla) ont le manche très courbé. cuillère double, pour les jeunes couples des Kel Gress (Gao) a forme étonnante (cuillère droite opposée à l'envers à celle de Les mesures à grains, les entonnoirs, les récipients à beurre et à lait, les mortiers, les coupes à dattes sont toujours décorés, pyrogravés ou gravés, parfois même polychromés (rouge et noir).
Dans lAïr, on fabrique aussi des sandales soqué en bois (le pouce est retenu par une bride en cuir).
Dans le Hoggar, un double bol (sorte de grande salière) est utilisé uniquement pour les soins de la chevelure : le peigne est trempé alternativement dans le premier bol rempli de beurre parfumé. puis dans le second rempli d'eau.

Poterie
Les Touareg n'utilisent pas de poterie. l'eau étant transportée dans des outres de cuir.
A Tombouctou. on vend des, poupées de cire. au type stéatotyge très prononcé. Il faut se rappeler ici que le, femme, Touareg sont « engraissées » comme de, oies dans les familles noble, C'est pourquoi les poupées ont ce ty pe. les femmes v oulant être ainsi.
Il existe toujours à Tombouctou un culte de la poupée très critiqué par les marabouts qui rejettent toutes les pratiques païennes. La poupée de cire est mariée à un jeune garçon, vivant, avec tous les rites habituels (tam tam, cadeaux) de la cérémonie du mariage.

Principaux centres d'artisanat touareg
Comme les Touareg nomadisent presque toute l'année, ce sont dans les grands marchés sahariens qu'on a le plus de chance de les rencontrer.
Niger. Les Touareg du Hoggar aboutissent à Tahoua (fin décembre/ début janvier) pour échanger du sel contre du mil (une charge de sel contre trois charges de mil).
Le marché de Tahoua est encore plus important que celui de Tombouctou.
A Agadès, on verra surtout les Touareg de l'Aïr et les loullimmiden. Le grand marché hebdomadaire d'Ayorou est sans doute le plus important de l'Ouest. On y rencontre beaucoup de Touareg qui viennent de très loin vendre leur bétail et les produits de leur artisanat (selles de chameaux, vases à onguent, etc.).
A In Gall (127 km d'Agadès). marché très animé (Touareg Kel Gran) surtout pendant la cure salée (fin de la saison des pluies en octobre/mars).
Tegguidda Ntecem (85 km dIn Gall) est un village où l'on extrait du sel, livré sous forme de pains. Cette région est le lieu de rassemblement des Touareg du Hoggar en saison froide (octobre/mars ). on y trouve en quantité des pointes de flèche et de harpon.
A Zinder, important marché touareg, capitale du cuir, carrefour des nomades du Nord.
En Algérie. Tamanrasset, centre des Touareg du Hoggar. En Lybie. Ghât, centre des Touareg Kel Ajjer, et Ghadamès (frontière de la Tunisie). Au Mali. A Tombouctou, on trouve quelques bijoutiers et forgerons. et des maroquiniers qui travaillent pour les touristes. Les vrais artisans sont en dehors de la ville.
A Kidal, à Goundam, à Bourem, à Gao, nombreux artisanats des Touareg de l'Adrar des Iforas.
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