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 Sénégal: LES PEULS

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korrigane

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Localisation : le kremlin bicêtre
Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Sénégal: LES PEULS   Jeu 10 Nov à 7:12

Leur Milieu:
Peul ou Foulbé (pluriel), Poullo (singulier).
Le radical foul (ful) signifie « éparpillé » : Foul be : qui appartient à la race Peul.
Foullani, pour les Maure. Afouli, pour les Touareg. Foula, pour les Manding. Bororo, pour les nomades du Sahel, du Niger au Tchad. Pulanis, pour le Nigeria.
Le peuple peul correspond à de nombreux groupes plus ou moins structurés ou éparpillés (ful) du Sénégal au Tchad, des zones sahéliennes aux hauts plateaux du Nord de la Nigeria et du Cameroun.
On ne peut pas considérer le fait de parler la langue peul comme un critère pour reconnaître un Peul authentique, puisque les Toucouleur ont la même langue, ainsi que de nombreux Africains, anciens vassaux des Peul.
Par contre, certains Peul, assimilés par d'autres ethnies, ne parlent plus leur langue (ex. les Kassonké, Peul du Birgo (kita), les Diwé en Guinée). Bien que d'origine hamitique, ils parlent maintenant une langue négro africaine très proche du wolof et du sérère.
C'est pourquoi l'historien voltaïque Joseph Ki Zerbo considère que la « foulanite » constitue plutôt une caractéristique culturelle, comme pour les autres peuples négro africains leur entité «tribale».
Tous les Blancs, les Européens, comme aussi bien les Berbères, les Arabes, les Maure, et certains Peul sont appelés « Rouges » par les Noirs soudanais (hommes rouges, païens rouges, oreilles rouges). Les Peul disent eux mêmes « pullo ko bodedyo », le peul est rouge. Ceux qui n'ont que la langue poular en commun avec les Peul (Rouge) se qualifient de halpular, c'est à dire de poulophones, comme les Toucouleur qui parlent un peul déformé.
On évalue à plus de huit millions l'ensemble de ce groupe ethnique réparti sur plusieurs pays.

Sénégal:
Environ 500 000, disséminés dans presque tout le pays (sauf en pays sérère et diola). Ils occupent, comme nomades, la plus grande partie du Ferlo, du Ouala, du Boundou, du Ouli. Dans le Fouta Toro, ils se mêlent aux Toucouleur.
Chez les Wolof, ils sont gardiens des troupeaux.
En Gambie et Haute Casamance, ils se joignent aux communautés qui pratiquent l'élevage.
Mais ce sont aussi dans les principaux centres urbains de remarquables commerçants. Leur intelligence et leurs qualités de commerçants leur ont valu le surnom de « Juifs d'Afrique ».

Mauritanie
Environ 40 000 au nord du fleuve Sénégal.

Mali
Environ 600 000. Ils occupent la zone sahélienne à la frontière de la Mauritanie et l'intérieur de la boucle du Niger (cercle de Mopti, Djenné, Douentza, Macina) aux plaines herbeuses. Ils y fondèrent le Royaume du Macina.

Guinée
Environ 1 200 000, surtout dans le Fouta Djalon où ils fondèrent une importante société aristocratique entre le début du xville et la fin du XIXe siècle (région de Dori, Liptako, Burkina Faso, partie du royaume Gourma).

Nigeria
Ils sont plus de 2.000.000 dans les émirats de Sokoto, Kano, Noupé, Katséna et Bornou.

Cameroun
400 000 dans les sultanats du Nord, Maroua, Mindif, Bogo, Garoua, Bibémi, N'Gaoundéré, Tibati, Banyo.

Du Niger au Tchad
Dans les régions en bordure du Sahel, les Peul Bororo sont environ 300 000 au Niger (Maradi, Tessaoua, Tahoua) et 80 000 aux alentours du lac Tchad.
Dans toutes ces régions, les Peul peuvent se diviser en deux grandes catégories :
1. Les Peul nomades (Peul rouges), islamisés mais gardant leurs croyances anciennes.
Ils se distinguent des autres grandes ethnies nomades comme les Maure et les Touareg par la profonde passion qu'ils ont pour leur bétail.
Ils sont très pacifistes avec une organisation sociale ne dépassant pas la famille élargie.
Les Bororo sont endogames et sont restés ainsi les Peul les plus purs.

2. Les Peul sédentaires (Peul noirs), métissés, islamisés et fixés dans les régions agricoles. Ce sont des Musulmans souvent fanatiques, enclins à un prosélytisme violent qui a entraîné de nombreuses guerres saintes contre les ethnies animistes,
Ce sont eux qui ont créé de puissants États féodaux.

Leur Histoire:
Peuple de pasteurs, encore plus mystérieux que les Touareg, on leur a donné comme origine tour à tour les Hindous, les Juifs, les Roumains, les Bohémiens, les Iraniens, les Égyptiens et les Éthiopiens.
C'est sans doute cette dernière origine qui est la plus sérieuse. Les Peul viendraient de pasteurs sémites qui, après s'être installés en Égypte puis en Éthiopie, émigrèrent vers le Sud Est en traversant le Sahara. On retrouve dans les fresques du Hoggar de la période des pasteurs de bovidés (vers 3500 avant J. C.) le passage d'une ethnie, dont les femmes ont des coiffures en cimier comme on en trouve encore aujourd'hui chez les Peul. Le Sahara était alors encore verdoyant et une migration a conduit les nomades vers le Fouto Toro puis le Fouta Djalon et le nord du Mali où ils s'installèrent. A part les Bororo restés endogames, les Peul actuels sont métissés avec les différentes ethnies des régions qu'ils occupèrent tour à tour à la recherche de terres verdoyantes et sûres pour leurs troupeaux.
Jusqu'au xve siècle, les Peul n'avaient pas encore formé d'États structurés. Ce sont essentiellement des nomades qui ont gardé leurs traditions et se montrent hostiles à l'Islam, jusqu'à devenir guerriers, comme les Peul du Macina, pour affirmer leur résistance à l'Islam. Mais, une fois convertis, ils deviennent les plus grands propagandistes de l'Islam. Si nous reprenons la division par pays, nous pourrons mieux suivre les migrations peul et les fondations de leurs royaumes.

SénégalL'empire du Tekrour du me siècle aurait été formé, aux origines, de Peul Sarakolé et Sérère qui, par métissage (noir et blanc) seraient devenus les Toucouleur. Au début du XVIe siècle, un chef peul. venu du Mali, Koli Tenguella, fit la conquête du Fouta Toro.
L'expansion peul gagna le Boundou et envahit progressivement le Fouta Djalon. D'autres poussèrent plus loin à travers la boucle du Niger vers le pays haoussa.


Mali
C'est vers la fin du XVIIIe siècle que des Peul métissés, devenus complètement sédentaires, s'allièrent avec les grands propriétaires terriens musulmans. Un parti musulman, à l'esprit puritain et fanatique, se révolta contre les Bambara de Ségou dont ils étaient vassaux. Au début du xixe siècle, ils déclarèrent la guerre sainte. Sous la conduite de Cheikou Amadou, ils battirent et massacrèrent les Bambara et fondèrent un Etat théocratique peul islamisé qui s'étendait sur tout le Moyen Niger. lis s'emparèrent ensuite des villes de Djenné et de Tombouctou (1826). C'est ainsi qu'ils créèrent l'Empire peul du Macina dont la capitale était Hamdallahi.
L'Empire du Macina exista jusqu'à la prise de sa capitale, Hamdallahi, en 1862, par le conquérant toucouleur El Hadj Omar venu du Fouto Toro. Avec la prise de Ségou par le colonel Archinard. le Macina passa sous la domination française.

Guinée
Peul du Fouta Djalon. Les hauts plateaux verdoyants du Fouta Djalon attirèrent les éleveurs Peul dès le XIIIe siècle. Ils vivaient en bonne intelligence avec les agriculteurs autochtones (Soussou et Dialonké). Ce sont des Peul islamisés, venus du Macina vers le XVIIe qui prêchèrent une longue et cruelle guerre sainte contre les païens Soussou, qui furent repoussés. S'instaura alors une constitution oligarchique qui créa un solide réseau « féodal » dans tout le pays.
Après cette victoire, la puissance peule musulmane déborda même le Fouta Djalon. Après la mort d'Ibrahima Sori (1784), une série de révoltes internes disloqua cet empire.

Peul du Nigeria et du Cameroun
Les Peul arrivaient de l'ouest par petits groupes (leur nombre dépasse aujourd'hui 2 500 000 en Nigeria du Nord). Là aussi, ces pasteurs nomades vivaient paisiblement avec les autochtones, jusqu'au jour où des Peul sédentaires islamisés, persécutés par les Haoussa, lancèrent au début du xixe siècle une guerre sainte, sous l'influence du Marabout Ousman dan Fodio et s'emparèrent de tous les États Haoussa.
A sa mort (1815), Ousman dan Fodio, grand Commandeur des croyants, laissa un empire féodal englobant tous les États Haoussa, mais aussi le royaume du Noupé, et le Cameroun septentrional. La capitale était Kano.
Ses successeurs furent incapables de gouverner un empire si étendu et d'assurer sa cohésion. Il fut donc morcelé en émirats plus ou moins indépendants. Les actuels sultanats du Nord Cameroun, avec une aristocratie islamisée qui domine la population des cultivateurs autochtones (restés le plus souvent animistes) donnent une idée de ce que pouvaient être les États peul. Leurs chefs, actifs, sont souvent en conflit avec les responsables nationaux (ex. Nigeria).

Leur vie économique:
L'élevage constitue la principale activité des Peul. Ils élèvent principalement le zébu, gros boeuf pourvu d'une bosse adipeuse sur le garrot, et de grandes et belles cornes en forme de lyre. Ils pratiquent la transhumance. Ils sont obligés, en effet, de quitter leurs villages de base après les récoltes pour chercher des pâturages plus verts pour leur bétail.
Essentiellement pasteurs, les Peul Bororo, situés dans les territoires de l'Azaouak et de l'Aïr, échangent aux marchés leurs boeufs aux artisans nègres (Haoussa ou Touareg) contre des tissus, des fers de lance, des bijoux d'argent ou de cuivre.
Ils achètent aussi des calebasses brutes qui seront décorées par leurs femmes. Par contre, ils ne vendent jamais leurs vaches qui constituent un capital qui se transmet aux enfants.
Tous les objets utilitaires sont exécutés par les artisans sur les indications précises des Bororo qui composent leurs motifs particuliers. Ils restent attachés à leur propre culture.
Les Bororo ont une grande cohésion sociale et culturelle parce qu'ils ne parlent que le poular et pratiquent l'endogamie
La marque, le Dyelgol, étendue à une famille, permet de reconnaître le bétail et es o ets usuels, comme es ca e asses. s ont en gêneral une centaine de bêtes par famille.
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korrigane

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MessageSujet: Re: Sénégal: LES PEULS   Jeu 10 Nov à 7:12

Leur vie sociale:
Il faut, là aussi, distinguer les Peul nomades, pasteurs et éleveurs et les Peul sédentaires, cultivateurs ou commerçants. Les nomades méprisent les sédentaires.
Les sédentaires ont les mêmes réactions vis à vis des pasteurs Bororo.

Nomades La société reste limitée à la famille élargie. Le chef de village est le plus ancien des chefs de famille. Nous avons constaté que les Peul nomades qui se déplacent constamment à la recherche des pâturages ont néanmoins un village d'attache où les différentes familles se rejoignent à la fin des migrations saisonnières.

Sédentaires La sédentarisation des Peul a provoqué la combinaison agriculture élevage mais, malgré les influences locales, de nombreux traits culturels et sociaux des nomades persistent.
Les États créés par les Peul musulmans, urbanisés, correspondaient à des théocraties militaires, avec un système féodal de chefferie dirigée par un pouvoir centralisateur. Les stratifications sociales sont alors très marquées. Au sommet, les nobles et les hommes libres (rimbé; singulier = dimo), dignitaires et administrateurs des États, puis les gens de caste (niegnobe; singulier = niegno) et, enfin, les anciens esclaves (rimaïbé,singulier = dimadio).
Les castes d'artisans sont formées exclusivement par des nègres les wailoubé (singulier = bailo), les forgerons;
- les garankobé (singulier = garanké), les cordonniers; les sakébé (singulier = saké), les bourreliers;
- les maboulé (singulier = mabo), les tisserands de laine et de coton;
- les laoubé (singulier = lalo), artisans du bois,
- les wanbabé (singulier = banbado), griots et musiciens.

Leur vie religieuse:
Nomades Les nomades, bien que souvent islamisés, sont restés attachés à leurs traditions anciennes, religieuses et magiques. Toutes leurs parures, colliers, boucles d'oreilles, coiffures, costumes sont chargés de gris gris.
Ils continuent à croire aux djinnedji, aux jeteurs de sorts (soukouniabé) mais ils font les prières musulmanes. Ils pratiquent ainsi une sorte de syncrétisme qui les protège doublement.
Sédentaires Jusqu'au xve siècle, les Peul se montrèrent hostiles à l'Islam, mais une fois convertis, ils furent les premiers à entrer dans les guerres saintes contre les ethnies animistes.
Tous les royaumes fondés par les pasteurs Peul entre le début du XVIIIe et la fin du xixe siècle furent essentiellement religieux.

Leur vie culturelle:
En dehors des fêtes musulmanes traditionnelles : Ramadan (Korka), Tabaski (Tafaské) et anniversaire de la naissance du Prophète (Mouloud), les Peul sédentaires bénéficient des fêtes non islamiques des ethnies avec lesquelles ils vivent en symbiose. Pour les Peul nomades, le retour des transhumants donne lieu à des fêtes importantes.
Chaque année, en septembre, a lieu le grand rassemblement d'In Gall, à l'ouest d'Agadès (Niger), pendant lequel un million de bêtes font leur cure salée (une herbe salée pousse dans cette région pendant une période très courte).
La rencontre de ces milliers de troupeaux venus d'Algérie, du Mali, du Nigeria, du Tchad, est l'occasion d'une grande fête PeulBororo, la gerewol.
C'est le prétexte des rencontres entre jeunes gens et jeunes filles. Les jeunes gens Peul pour montrer leurs qualités physiques et séduire les jeunes filles, se maquillent les lèvres et les yeux pour mieux mettre en valeur leur très grande beauté.
Les peintures faciales des hommes, faites à l'aide d'un bâtonnet ou des doigts, partent du front à la pointe du nez (traits rouges bordés de violet). Les lèvres sont violettes. Le fond de teint ocre, luisant de beurre, accentue le maquillage des yeux (traits rouges, soulignés de quelques points blancs).
Les marques changent suivant les tribus. Les jeunes filles se maquillent aussi mais moins que les hommes. Elles sont couvertes de bijoux. Elles portent aux chevilles de gros anneaux d'argent ou de cuivre de plusieurs kilos, un pagne brodé, long et étroit et un grand foulard plié en carré sur la tête. C'est au jeune homme de conquérir la jeune fille par son charme, sa manière de danser, ses regards langoureux. Il fait des mimiques pour montrer sa bouche, ses dents et ses yeux.
Les jeunes filles attendent en ligne, dirigeant un regard discret sur le jeune homme de leur choix.
Au cours de cette danse cérémonielle, les hommes et les femmes chantent des chants graves, polyphoniques (note unique) admirables, et aux origines encore inconnues.
Les Peul sont très sensibles à la musique. Les bergers solitaires jouent du molla (petite guitare à une seule corde), mais il appartient aux griots Peul (les Wanbabé) de jouer des instruments de musique dans les cérémonies.
Les Peul nobles (sauf les Bororo) n'ont pas de danse très particulière. Les danses, qu'ils jugent grotesques, sont exécutées par les gens de caste. Chaque caste d'artisan a sa danse particulière qui se distingue par l'évocation, par geste, des métiers.
Ainsi, pour le fidio Waïloubé (la danse des forgerons), le danseur mimera le travail des métaux; pour le fidio laoubé (danse des artisans du bois), il simulera la sculpture; pour le mabo, le tissage, etc.
Mais c'est dans la littérature orale que s'exprime le mieux la culture peul.
Les Peul sont très sensibles à la poésie mais apprécient aussi tous les autres genres (épopées, contes, satires) qui racontent le destin des nomades Peul.
Le vocabulaire d'un simple pasteur est très riche; plus de dix mots, pour décrire la qualité du poil de ses bêtes, plus de vingt pour les de couleur (les trois couleurs de base étant le blanc, le bleu et le noir) et plus de cinquante adjectifs existent pour évoquer dessin du pelage.
Les fillettes réalisent dans le Fouta Djalon des poupées avec des de maïs, habillées de pagne, dont la chevelure en épis ont des coiffures en cimier aussi prodigieuses que celles réalisées sur les grandes personnes.

Leur vie artisanale:
Comme pour les Touareg, les anciens captifs Peul, les Matchoudo ,sont des artisans à la fois cultivateurs, tisserands et forgerons. Ils doivent laisser la moitié de leur bénéfice à leurs maîtres. Les Peul nobles ne pratiquent aucun métier artisanal, sauf les femmes Dikko qui décorent elles mêmes leurs calebasses.
Les Peul passent souvent des commandes aux artisans noirs autochtones à qui ils fournissent au préalable toutes les indications sur le décor souhaité, celui qui est le plus à la mode, à laquelle ils ni très sensibles. Les productions typiquement peul sont limitées à quelques objets.
- Vannerie (couvre calebasses), calebasses, bracelets en cuivre, hache cérémonielle des danses du gerewol, chapeaux coniques des Bororo, nattes.
Tout le reste est de fabrication étrangère, bien que le goût peul influence les Zarma et les Haoussa. L'aire de rayonnement de l'esthétique peul de Sokoto est très vaste, de Niamey à Madaoua.

Habillement

Nomades. Les hommes portent un petit boubou bleu foncé en laine et une culotte courte bouffante.
Pendant la saison sèche, le Peul est souvent torse nu.
Les Bororo sont reconnaissables à leur grand chapeau de paille de forme conique, souvent orné de plumes d'autruche (malfari). Ils portaient, aux origines, un pagne teint avec des graines rouges d'où leur appellation de Peul rouges. Certains sont encore vêtus d'un grand tablier en cuir.
Les femmes nomades se drapent dans un pagne court en coton de couleur noire (indigo très foncé). Pour se rendre au marché, elles posent sur la tête et les épaules, un second pagne de la même couleur.

Sédentaires. Les sédentaires adoptent en général les costumes des ethnies locales (tunique haoussa pour les hommes). Les blouses des femmes sont souvent brodées chez les Peul de la région du Niger et du Nigeria (influence haoussa). Les modes de Sokoto sont suivies dans tout le pays zarma et chez les Haoussa de l'Ouest :
- pantalon brodé de damiers en semis irréguliers (trait noir, décor orangé, bleu, brun);
- boubous, avec des motifs losangés, spiralisés d'un très bel effet décoratif. Le boubou riga a un décor monochrome brun (il y en a aussi des bleus, verts, olives, lilas).
Les hommes portent un bonnet profond dans le Fouta Djalon, une simple calotte dans le pays Sosso, toujours très artistiquement brodés.

Parure
Le souci de la beauté, chez les Peul, se situe particulièrement dans les arts éphémères de la parure, de la coiffure, du maquillage, de la mode, et de l'élégance du geste et de la parole.
D'ailleurs, la beauté des hommes et des femmes Peul est réputée dans toute l'Afrique occidentale. Chez les Bororo, on organise des concours de beauté qui opposent les hommes les plus beaux de chaque tribu (voir : fête du gerewol).
Les hommes fabriquent eux mêmes les gris gris en cuir et en laiton qu'ils portent au cou. Ils contiennent des poils de vache ou des crinières de hyènes, des griffes et des dents de différents félins, des coquillages, des amulettes de fécondité et de protection des troupeaux (layadi).
Certains Peul se rasent le crâne, d'autres continuent à se faire tresser les cheveux avec, de chaque côté, une ou plusieurs tresses qui retombent sur les tempes.
Les femmes adorent les bijoux. Elles se parent toujours de nombreux colliers de verroterie, mais ce qui les caractérise le plus, ce sont de grosses boucles d'oreilles en or torsadé, très légères malgré leur diamètre de 10 à 15 cm, certaines femmes ont des petits anneaux d'or ou d'argent fixés à l'une des narines (comme les Dogon); les femmes Bororo ont jusqu'à neuf anneaux aux oreilles. Les jeunes filles aiment surcharger leurs bras de bracelets d'argent ou d'or. Elles portent des anneaux de chevilles en cuivre ou en argent cannelé, symbole de leur état social. En effet, au fur et à mesure qu'elles ont des enfants, elles se séparent progressivement de leurs chevillières et de leurs boucles d'oreilles qu'elles donnent à leurs filles (elles les enlèvent définitivement quand une de leurs filles atteint l'âge de dix ou douze ans).
La coiffure varie avec l'âge, le lieu et les conditions sociales. Aussi donne t elle lieu à des créations exceptionnelles (qu'on peut considérer comme de véritables sculptures). Elles se servent de nombreux accessoires : bambou, pièces d'argent, boules d'ambre, anneaux de corne, perles de toutes les couleurs, beurre fondu, rembourrage de tissu. Dans le Fouta Djalon, les femmes arrivent à réaliser des cimiers presque transparents, les cheveux étant tendus (comme une chaîne de tissage) sur de fines lamelles de bambou en forme d'ailes de papillon.
Des nattages, des tressages savants en formes de losanges ou de triangles, donnent une très grande variété aux coiffures des Peul. Dans le Bas Sénégal, ces diverses combinaisons portent chacune un nom : branche de cocotier (kyara coco), baobab (bolé), natte (letti), lit (gati dior).
Lorsqu'une femme vient d'avoir son premier enfant, les deux petites tresses retombant sur les joues sont fixées sous le menton par une perle blanche. Chaque extrémité des tresses est ornée de pierres blanches (symbole de la sagesse).
Quand les femmes du Niger portent les lourdes chevillières (koubikoubi, tordu tordu), leur démarche est très balancée à cause du poids.
Ce balancement (teni teni) est considéré par les femmes comme un élément supplémentaire de séduction. (Les chevillières sont portées aussi bien par les femmes Peul que Zarma et Songhaï.)
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MessageSujet: Re: Sénégal: LES PEULS   Jeu 10 Nov à 7:12

Tissage
Les Peul nomades ne tissent pas.
Le tissage est réservé à une caste sédentaire, les Maboulé, d'origine Peul (il y a aussi des Maboulé Toucouleur, spécialisés dans le travail du coton en bandes étroites). Les Maboulé Peul, de Niafunké (Mali) et du Macina, confectionnent des couvertures aux belles couleurs chaudes. Ils sont polygames et endogames; leurs femmes font de la poterie et de la teinturerie.
Il existe aussi des tisserands ambulants, cultivateurs. Ils travaillent surtout pendant la saison sèche et louent leurs services aux femmes qui leur fournissent les matières premières (laine ou coton filé main) pour réaliser les couvertures ou les boubous.
Pendant la période où ils travaillent à façon pour une famille, ils sont nourris et logés par elle. Les couvertures sont composées de six bandes de 22 à 24 cm Les tentures de mariage, en laine et coton, ont des dessins très riches, aux couleurs bleu, blanc, rouge et ocre. Elles sont commandées au tisserand par la mère de la jeune fille, et tissées pendant plus d'un mois à l'abri des regards (il faut
un an de filage).
Il faut signaler aussi les très beaux tapis de selle des régions de Madoua, Nkonni, Dogondoutchi (jaune, or sur fond bleu marine).
Au Mali, les célèbres couvertures Kassa de la région de Dialloubé, Niafunké, se trouvent dans les villages à forte concentration de tisserands.
Le métier à tisser Kassa est un peu différent de celui du métier à coton utilisé en général. D'abord les dents du peigne en bambou sont plus espacées, pour laisser passer les fils de laine plus gros que ceux de coton (la chaîne est composée de soixante dix à quatre vingts fils); les lisses sont plus larges et les pédales, au lieu des petites brides passées entre les doigts de pied, sont composées de grands morceaux de bois. Le métier est parfois vertical. Les Maboulé, très superstitieux, transmettent à leurs fils, en même temps que le primitif métier familial, de mystérieux gris gris qui ont le pouvoir d'assurer une nombreuse et riche clientèle et surtout d'éloigner les esprits malins qui embrouillent les fils de chaîne.

Natte, vannerie
Les nattes sont faites par les femmes Peul, en lamelles de raphia ou de roseau, tressées avec des lanières de cuir (letié) réservées à l'usage exclusif du ménage.
Les femmes tressent aussi les couvercles des calebasses en fibre de feuilles de rônier ou de palmier doum, aux motifs géométriques noirs et rouges sur un fond naturel. Les plus beaux se trouvent dans la vallée du Niger, en aval de Niamey. Les disques de vannerie (appelées mbeo au Fouta Djalon) sont offerts en cadeau à l'occasion des mariages et se transmettent de mère à fille (ils sont bicolores : ocre et noir). L'ocre est remplacé par le rouge au Niger parce qu'on y fait cette teinture avec du gros mil.
Il faut citer également les grands chapeaux coniques des Peul bergers, décorés à l'aide de lanières de cuir et de grandes plumes d'autruche chez les Bororo (Malfaré).
Dans la région de Diré, Saraféré (Mali), grand centre de production de nattes acheminées jusqu'au marché de Korientzé, où l'on trouve aussi beaucoup de couvertures peul en laine.

Cuir
Chez les sédentaires, le travail du cuir est réservé à deux castes particulières : les cordonniers (garankobé), et les bourreliers (sakebé). Ils réalisent les objets déjà décrits pour les Bambara et pour les Maure.
Les petits oreillers en cuir décoré sont faits par les femmes (talla); ils sont moins beaux que ceux des Touareg. La teinture jaune est obtenue avec une décoction d'écorce de feuilles de mil pilées, le rouge, avec une sorte de millet qui pousse à l'état sauvage ou les racines du diafarané ou du henné, qui sert aussi aux femmes Peul à se teindre les ongles et la paume des mains. Le noir est obtenu avec du jus de citron et des scories. Le vert est totalement inconnu des teinturiers du Fouta Djalon, lorsque cette couleur est utilisée pour teindre le cuir, elle est obtenue en mélangeant avec de l'eau, de l'encre « couleur verte ».

Métal

Le travail du métal est réservé aux forgerons (waïloubé) pour la fabrication d'outils et d'armes.
Les chevillières et les bracelets de cuivre rouge ou de laiton, de nickel ou d'argent, sont réalisés par les forgeron et les bijoutiers. sédentaires, mais sur les indications précises des femmes Peul qui décrivent les motifs gravés en forme de cercles concentriques, de triangles, de rectangles. Les vertus magiques ou prophylactiques des formes et des matériaux comptent beaucoup dans les bijoux(pouvoir bénéfique du cuivre et de la cornaline, bon oeil en de triangle).
Les grandes chevillières en laiton (appelées bombori) pèsent parfois plusieurs kilos et ne sont portées que par les femmes mariées. Le port de ces chevillières est un signe de richesse familiale, mais correspond à un rite de fécondité. Les grandes boucles d'oreilles de 10 à cm, en or torsadé, sont magnifiques. L'or a beau être martelé s fin, le poids de ces boucles d'oreilles, par leur grandeur, arrive déformer le lobe des oreilles. Citons aussi les bijoux tataba, en forme de cadenas, que les femmes portent suspendus à leur nez, colliers gainés de cuir, les petits anneaux de laiton assemblés; pendentifs faits souvent d'un coquillage (amulette de fécondité).
Chez les Peul Bororo, une hache cérémonielle (baran deniel) est elle est décorée de utilisée à l'occasion de la fête du gerewol, figures humaines avec le cimier de la coiffure des hommes, les tresses de la chevelure et les peintures faciales. Par une alliance (nommée Sanankya) les Peul sont unis à tous les forgerons. Un Peul ne doit jamais frapper, blesser, peiner un 7 rueron, et il en va de même pour le forgeron. Plusieurs légendes expliquent le secret de cette alliance : à l'origine, ce serait un forgeron qui aurait donné la vache aux premiers Peul.


Poterie
On ne trouve pas de potières chez les Peul nomades qui ne peuvent pas s'embarrasser d'objets fragiles. Le mobilier de tente doit être chargé en une heure sur les boeufs ou les chameaux de bât.
L'art graphique des Peul se manifeste surtout dans la décoration des calebasses (objets utilitaires considérés comme nobles parce qu'ils contiennent la nourriture essentielle du nomade : le lait, et pratiques, parce que légers et bon marché).
Par contre, chez les Peul sédentaires, ce sont les femmes des tisserands (Maboulé) qui font de la poterie utilitaire.
Les calebasses sont en général achetées brutes sur les marchés et décorées, soit par les femmes nobles (Dikko) soit par des artisans sédentaires (Matchoudo) qui travaillent en fonction des modèles à la mode, comme les calebasses à col tressé avec des fibres de palmier doum (fandou).
Le style Bororo porte le nom de la technique « Kettoul », gravure au poinçon de dessins stylisés : triangles, losanges, lunes, soleil, personnages du gerewol (reconnaissable par les marques tribales qu'ils portent sur le visage). D'autres sont simplement pyrogravées, sans esquisse préalable. Certains décors traditionnels (frise festonnée sur le bord de l'ouverture) sont excisés et grattés à l'aide d'un couteau et peints à l'aide d'un doigt trempé dans du lait de chaux, à base de kaolin et de lait caillé, pour faire ressortir les creux.
Les calebasses de Wangaï (au pied des monts Alantika, au nord du Cameroun) sont réputées pour la richesse de leurs décors.
Les calebasses sont offertes pour les mariages, par centaines, remplies de nourriture variée (riz, lait, pistache, pâtisserie, etc.). Elles s ont identifiables par le sceau du bétail de chaque famille (Dyelgol). Les dessins stylisés ont une signification symbolique ou magique, liée souvent au bétail ou à la cosmologie : soleil, lune, demi cercle, étoiles. Le triangle figure l'entaille faite à l'oreille des jeunes veaux; les lignes symbolisent les cordes auxquelles les veaux de moins de deux ans sont attachés.
Le graphisme des Peul est toujours très dépouillé. Il évoque un peu celui des fresques du Tassili : personnages stylisés d'hommes et de femmes et d'enfants, correspondant à la famille. La fécondité est évoquée par les danseurs de la grande fête du gerewol, reconnaissables par leurs marques tribales. L'eau est représentée par un tracé onduleux situé toujours à l'extérieur, au fond de la calebasse.
Certains serments se prêtent sur la calebasse. Leur nombre, la qualité de leurs décors, témoignent souvent de la richesse d'une famille. Plus elle a besoin de récipients pour mettre le lait, plus elle dispose d'un grand troupeau.
Principaux centres d'artisanat des Peul
Le style varie suivant les régions. On trouve de belles calebasses et des tissages aux marchés de Bonkoukou (Peul Bororo), de Tahoua, de Zinder, de Madaoua, de Tessaoua (au Niger). Au Mali, à Niafunké, à Macina, à Mopti, à Diré. En Burkina Faso, à Dori. Au Sénégal, à Matam, Louga, Podor. En Mauritanie, à Kaédi.
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Sénégal: LES PEULS
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