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 Le Mali: Les Bambaras

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korrigane

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Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Le Mali: Les Bambaras   Jeu 10 Nov à 7:27

LES BAMBARAS


Leur Milieu:
Bambara, ou Banmana (de Ban refus et Mana, Maître. Ce qui voudrait dire « ceux qui ont refusé d'être dominés ») ou Bamanan, homme des crocodiles.
Le bambara est la langue véhiculaire du Mali où il n'y a pas une région où il n'est pas compris.
Au Mali, les Bambara constituent le groupe ethnique le plus important avec 35 % de la population (1 700 000), mais on rencontre aussi des Bambara au Sénégal, en Burkina Faso, en Mauritanie, en Côte d'Ivoire. Les Bambara, lorsqu'ils se sont mélangés à d'autres groupes ethniques, les ont toujours dominés. Les Ouassoulounké, qui habitent le pays situé entre Bougouni (Mali) et Siguiri (Guinée), bien que d'origine peul, ont les mêmes coutumes et le même artisanat que les Bambara. Les Dioula (70 000 au Mali) ont aussi beaucoup de liens culturels avec les Bambara, ainsi que les Malinké et les Khassonké. On retrouve particulièrement cette influence dans le style des masques et de la sculpture. Les Bambara occupent la vallée du Niger en partant de Bamako vers Ségou, San, Djenné, Mopti, Bandiagara.
Au Nord Ouest se trouvent les Bambara du Bélédougou et du Kaarta; au Sud, ceux de Bougouni et de Sikasso, qui se trouvent minoritaires parmi les Minianka Sénoufo.

Leur Histoire:
Aux origines, l'ethnie Bambara se composait d'un certain nombre de clans, vassaux du Mali.
Une légende raconte que deux frères Bambara partirent vers l'Ouest à la recherche d'un lieu sûr pour s'y établir. Ces deux frères, Baramangolo et Niangolo, n'ayant pas trouvé de pirogue pour traverser le Bani (affluent du Niger), une énorme silure (poisson du Niger appelé polio) s'approcha d'eux et les transporta sur son dos de l'autre côté du rivage. C'est pourquoi on les appelle : Kouloubali (koulou = pirogue, bali sans) qui devint Koulibaly. Ce furent, d'après cette légende, les deux ancêtres des deux grands royaumes Bambara. Baramangolo était bon et généreux, il fonda la dynastie des Kouloubali du Royaume de Ségou (1600 1862), sur la rive droite du Niger.
Son frère Niangolo, méchant et cruel (il avait tué le poisson polio, son bienfaiteur) s'exila sur la rive gauche. Il fonda la dynastie des Kouloubali Massassi «( rejetons du roi »), futur Royaume du Kaarta (1633 1854). D'après d'autres griots, cet épisode se serait produit plus tard, sous le règne de Biton Mamari Kouloubali (1712 1755).
Toujours est il que la vérité historique prouve qu 1 au XVIIe siècle le Soudan occidental, corrompu par la domination marocaine, n'a plus d'Empires puissants et qu'ainsi les anciens clans vassaux Bambara se trouvèrent libres et fondèrent le royaume de Ségou et du Kaarta.
Au XIXe siècle, ces deux royaumes Bambara durent affronter les attaques des ethnies voisines et furent obligés d'arrêter leurs rivalités. A l'arrivée du conquérant Toucouleur El Hadj Omar Tall, les deux royaumes se réconcilièrent et s'unirent avec les Peul du Macina pour lutter ensemble contre leur envahisseur commun.
Ils furent tous vaincus et restèrent sous la domination Toucouleur jusqu'en 1890, à la prise de Ségou par les Français. Mais à cause de la résistance acharnée des Bambara et des Peul, El Hadj Omar n'arriva pas à créer un État stable.
Les Bambara, furieusement indépendants, luttèrent avec courage contre les Français jusqu'en 1893 où le roi Badian, mis en place par les Français, signa la paix.

Leur Vie Economique:
L'agriculture est la principale occupation des Bambara. Ils confient leurs troupeaux aux pasteurs Peul. Dans les arbres on peut remarquer des ruches (N'Gounou) en vannerie, le miel étant récolté par les Bambara.

Leur Vie Sociale:
Les Bambara sont divisés en trois grandes classes sociales.
1. Les Ton Tigui, guerriers propriétaires.
2. Les Nyamakala, gens de caste de Nyama = les artisans et les bardes comprenant : les Noumou (forgerons), les Lorho (artisans du cuir), les Koulé (artisans du bois), les Garanké (cordonniers et bourreliers), les Dieli (griots) et les Finah (bardes religieux)
3. Les Dyon (esclaves).
La société Bambara comprend un certain nombre de classes d'âge (flanton). Si un Bambara voyage, il trouvera toujours des compagnons de sa classe qui l'accueilleront en souvenir des épreuves subies au même âge.

La Vie religieuse:
La grande majorité des Bambara est restée animiste. Ils croient en un dieu de la création et de la lumière, nommé Faro. Le verbecréateur a engendré l'esprit Yo qui, à son tour, a engendré Faro, bâtisseur du monde, maître de la Parole, père de toutes les divinités de l'air et de l'eau, Il trône au septième ciel et envoie la pluie bienfaisante. Sa couleur est blanche. C'est Faro qui créa la première femme, Mousso Koroni, terre nourricière, mère de l'humanité. Toute une très riche mythologie se greffe sur cette origine.
Comme chez tous les animistes, on retrouve chez les Bambara le culte des esprits (mâne des ancêtres, des génies invisibles) qui aboutit aux fétiches (Boli) et aux gris gris. La place de la magie est encore très grande dans la vie quotidienne des Bambara. Un autre élément important dans la vie religieuse des Bambara est l'existence de nombreuses sociétés secrètes.
Parmi elles, la plus importante est le komo. Chaque village a son komo, indépendant des autres komo. Il est placé sous l'autorité des forgerons. Il existe d'autres sociétés secrètes : nama, koré, kono, dio, nia, chacune ayant une fonction particulière dans la vie du groupe.
Chaque société a ses masques figurant une tête d'animal ou un homme ayant les traits d'un animal.
La plus célèbre sculpture bambara, le tyi wara (tyi = paille, wara = animal sauvage) appartient à la société kono dont l'enseignement
est lié à l'agriculture. Le tyi wara conduit les danses lors des enterrements, des fêtes d'initiation, des prières pour la pluie et la fertilité des champs. Le fait d'appartenir à une société magico religieuse qui évoque des génies (danse aboutissant souvent à des transes) n'est pas incompatible avec la pratique de la religion islamique (qui reconnaît l'existence de génies).

La Vie Culturelle:
Fêtes. Fêtes religieuses, celles du komo déjà évoquées, célébrées au début des semailles et après les moissons; le mariage, qui donne lieu à des fêtes dont l'éclat dépend des ressources des parents du marié; les funérailles des chefs et des notables revêtues d'un faste particulier; la circoncision dont les fêtes durent plusieurs jours sans interruption.
Les griots bambara sont réputés pour leurs chants épiques. Les ex-chants religieux du komo sont interdits aux femmes. Ils sont exécutés par les gens de caste, surtout les forgerons.
Ce sont les griots qui sont chargés de conserver la tradition orale et musicale. Les danses bambara sont très nombreuses. La troupe nationale des Ballets du Mali en a fait connaître les plus caractéristiques.
Il existe aussi des danses réservées aux femmes.
Il y a des danses spéciales pour les castes des artisans : danse tagué ou diamara, exécutée par les forgerons et qui met particulièrement en valeur tous les muscles des danseurs (notamment ceux de la poitrine et des cuisses); danse domba, des cordonniers, aux motivéments très gracieux; danse kokoun kokoun (source, bord de la rive) célébrée par les pêcheurs Bozo, Somono et Sorko pour obtenir de bonnes pêches; danses spéciales des sociétés secrètes.
Il faut aussi évoquer les marionnettes bambara de la région de Mopti et de San, au visage démesurément long, au nez à arête vive. Elles portent des coiffures avec des grandes nattes. Elles sont maniées par un homme caché par un paravent de tiges de bambou recouvertes de pagnes; les bras et les jambes mobiles sont mus latéralement par des ficelles. Autrefois, les marionnettes étaient au service du culte et symbolisaient l'esprit des morts. Aujourd'hui, il existe des marionnettes pour jouer des farces et des comédies classiques.

Littérature orale. C'est souvent pendant les veillées que les griots récitent ou chantent des légendes bambara, évoquant les faits les plus marquants de leurs héros nationaux. Les Bambara pratiquent encore aujourd'hui une sorte de théâtre total avec des dialogues entrecoupés de danses et de chants (par exemple, zantegueba).Il existe aussi une production littéraire populaire récitée par les korodiouga, secte des bouffons dont la langue imagée, les bons mots, les récits comiques amusent beaucoup les Bambara.

Le Vie Artisanale:
L'artisanat est pratiqué par des castes spéciales, sauf la vannerie, le tissage, la teinture qui peuvent être réalisés par tous.
Les Nyamakala avaient la qualité d'hommes libres, certains pouvaient apprendre leur métier à leurs serviteurs dont les plus doués devenaient ainsi de bons ouvriers qualifiés, ceux ci, ne pouvant jamais ouvrir un atelier à leur compte, restaient attachés à leurs maîtres et n'accédaient jamais à la maîtrise. En effet « quiconque n'a pas été « ordonné » maître, en vertu de certains pouvoirs magiques détenus par les Nyarnakala, ne pouvait exercer convenablement le métier. Il risquait, en outre, de s'attirer le courroux des esprits, maîtres incontestés des métiers ».

Habillement
Les vêtements traditionnels de l'homme sont encore portés dans les villages : boubous brodés de dessins (sans significations symboliques), portés sous une tunique courte et une culotte bouffante. Les hommes se couvrent la tête, comme les Malinké, avec un bonnet dont les deux pointes peuvent être relevées ou rabattues sur les oreilles (bamba dah gueule de caïman). Ils portent en plus un chapeau de paille conique (gaban) pour se protéger du soleil.
Les femmes portent généralement un pagne ouvert sur les côtés.

Parure
La coiffure traditionnelle de l'homme consiste en un cimier allant du front à la nuque et deux tresses latérales dont on noue les pointes sous le menton.
L'oreille gauche percée permet d'y mettre un anneau porte-bonheur.
La femme porte, outre le cimier, deux nattes de chaque côté de la tête. Gros anneaux d'or aux oreilles. Elles ont parfois la cloison nasale percée pour y suspendre un petit anneau d'argent ou de cuivre ou d'or. Colliers et bracelets nombreux.
Des scarifications se font sur le visage et le corps. Elles varient en nombre et en forme selon les régions. Elles ont des pouvoirs occultes.
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korrigane

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MessageSujet: Re: Le Mali: Les Bambaras   Jeu 10 Nov à 7:27

Tissage, teinture
Chez les Bambara, il n'est pas l'exclusivité d'une caste particulière. Les Bambara sont des tisserands saisonniers uniquement pour utiliser leur production de coton familial. Par contre, les Maboulé (Peul et Toucouleur), spécialistes du tissage, viennent souvent travailler à domicile dans les familles bambara.
Les tisserands sont divisés en deux catégories
- tisserands en couvertures de laine (kassa) aux couleurs chatoyantes de la région de Macina et de Niafunké ou en laine blanche légèrement écrue sur laquelle sont réalisés des petits dessins géométriques colorés.
- tisserands en coton, qui confectionnent des bandes étroites sur des métiers appelés tiagnirgal.

A Ségou et à Mopti, on découvre des tisserands au travail dans presque toutes les rues. Aux marchés de Ségou, San, Mopti, Sikasso : pagnes en bayadères multicolores, bandes étroites de différentes couleurs assemblées ensuite.
La teinturerie est exécutée par les femmes des tisserands mais aussi par des femmes non castées.
Les couleurs fondamentales utilisées par les Bambara sont le noir (qu'on identifie à la saison des pluies), le rouge (saison sèche, les herbes prenant une couleur rougeâtre), le blanc, qui est l'union des deux couleurs précédentes. Le jaune est la couleur de l'initiation. Chacune de ces couleurs a sa légende et sa place particulière dans les rites. Le blanc est lié à la technique du filage du coton, le rouge est associé aux techniques de la forge et de la poterie, car il évoque le feu. Le noir tire son origine de la terre, mais évoque aussi le ciel d'orage et le tonnerre. Ces trois couleurs sont introduites dans les rites et aussi dans la décoration des vêtements traditionnels : pagnes en bandes blanches, rouges et noires alternées, sandales rouges, etc.
Le jaune est obtenu par la sève d'une racine.
Les dessins sont réalisés par une attaque partielle de cette teinture avec un mélange de boue et de savon très corrosif, tracés à l'aide d'un pinceau en bambou.
Les Bambara de la région de Ségou, San et Koutiala font des dessins géométriques sur coton « au caustique » (ou au banco) Sur le fond écru (ou jaune), ils tracent, à l'aide d'un petit pinceau de bois, des motifs à l'aide d'une boue (fin limon de rivière) et puis le recouvrent d'un savon extrêmement caustique. Le tissu est encore traité une fois avec la boue, puis lavé à grande eau. Les motifs restés clairs se détachent sur le fond sombre.
Les motifs évoquent des antilopes très stylisées, le jeu complexe des motif , variés fait de ces tissus une oeuvre d'art remarquable. (On retrouve une technique très proche chez les Sénoufo.)

Vannerie, nattes
Exécutée par tous, la vannerie tient une grande place dans la construction des cases rondes. Les paniers dits Segou (en bambara, segui diena) sont fabriqués entre DOUrou, Kemacina et San, dans les régions où poussent les palmiers avec les feuilles desquels ils sont fabriqués. Avec leur écorce on fabrique aussi les supports des petits tamis. On en trouve au marché de Ségou.
A Fournon, belles corbeilles polychromes, tressées par les hommes pendant la saison sèche (avril a juillet). L'herbe manou qui est utilisée pour former les dessins des paniers de Ségou se trouve à 15 km de Wani. On la trouve difficilement pendant la saison des pluies. Grands vans, nattes, calebasses avec couvercles dans la région de San et de Ségou.
On fabrique également des petites nattes servant de tapis et des filets en vannerie, suspendus au plafond des cases Pour ranger à l'abri des rongeurs les vêtements et la nourriture.

Maroquinerie
Les Garanké, artisans spécialistes du cuir, se retrouvent aussi bien chez les Toucouleur, qui les appellent Garankobé, que chez les Sarakolé, qui les appellent Ganranko.
Leur origine est légendaire. Ils se divisent en deux spécialités les maroquiniers et bottiers, et les cordonniers, fabricants de fourreaux de sabre, gaines de couteaux, etc. Les Garanké réalisent eux mêmes le tannage des peaux à J'aide de gonakié (écorce et guOUsses de l'Acacia arabica).
D'après B. N'Diayé, on prête aux cordonniers qui portent le nom de Simaga, le don de se métamorphoser en hyène et à ceux qui s'appellent Saké Alaoubé, le pouvoir de pénétrer dans le ventre d'Lin mouton vivant et de manger ses entrailles sans qu'apparemment son aspect physique soit changé. Le mouton meurt ensuite brutalement. Toutes ces Superstitions sont encore tenaces chez les Bambara (et la plupart des ethnies du Mali).
Les femmes des cordonniers sont spécialistes des tatouages des lèvres et des gencives en bleu. Elles sont aussi coiffeuses.
Les cordonniers ont la réputation de ne pas savoir garder un secret. Des histoires plus ou moins légendaires circulent à ce sujet. En voici un exemple: lorsque Binah Ali, roi de Ségou à l'arrivée des troupes d'El Hadj Omar s'enfuit en emportant l'or du trésor royal, il fut aidé par deux artisans : un forgeron et un cordonnier. Le premier découpa l'or en petits morceaux et le second les mit dans des petits sacs de cuir que le roi et toute sa suite portèrent sur eux sous la forme de simple gris gris. On dit que le cordonnier ne sut pas garder son secret et le révéla au vainqueur.
Une autre caste d'artisans du cuir (les Saké) sont bourreliers, fabriquant les harnais, les selles, etc.

Travail du métal
Les forgerons (Noumou) forment, comme presque partout en Afrique, une caste très particulière.
On fait remonter leur origine soit au Yémen (ils seraient venus en Afrique avec un conquérant arabe au XIe siècle), soit en Palestine, leur ancêtre étant très proche parent du prophète Abraham. Ce .sont eux qui, les premiers, découvrirent le cuivre (soula), le fer (négué) et l'or (sanou). Ils transmirent les secrets à leurs descendants de génération en génération.
Le tana des forgerons est le bamba (caïman). Dans les villages le long du fleuve Niger, on raconte qu'encore aujourd'hui les forgerons ont le pouvoir, par un simple appel, de faire sortir les caïmans du fleuve et de les faire manger dans leurs mains.
Un second tana, le poulet blanc (qu'ils ne doivent ni tuer ni manger) est surtout respecté par les forgerons qui prétendent avoir pour ancêtre l'empereur du Sosso, le fameux magicien forgeron Sonmangourou Karité (1200 1235).
On divise les Noumou en bijoutiers et en forgerons.
Les bijoutiers vivaient en courtisans dans les familles les plus riches. Ils fabriquaient des bijoux en exclusivité pour elles. Ils étaient donc sédentaires. Ils habitent actuellement les villes et sont en général musulmans.
Par contre, les forgerons travaillent surtout pour les paysans. lis fabriquent les outils et les petits objets en fer. Ils sont restés animistes et sont redoutés parce qu'ils conservent le secret de la fabrication des armes magiques employées par les Bambara contre tous leurs ennemis. Une de ces armes, la plus redoutable, est le soma, poudre magique enfermée dans une petite corne de biche. Si l'on veut tuer un individu, il suffit de procéder à certains rites avec cette poudre, et le charme sera efficace.
Si la personne visée a l'imprudence en arrivant chez elle de s'asseoir ailleurs que sur la terre nue, elle mourra.
Toutes ces pratiques sont encore employées par les Bambara mais pour des circonstances graves.
Les forgerons sont aussi les grands prêtres des sociétés secrètes, du komo en particulier, ce qui les rend encore plus redoutables puisque tous ces cultes sont secrets. Ce sont eux aussi qui pratiquent la circoncision.
Mais, en réaction contre cet aspect un peu terrifiant des forgerons, il faut souligner le fait qu'ils sont aussi estimés : d'abord parce qu'ils fabriquent tous les outils agricoles indispensables à la vie des paysans et qu'ensuite ils sont guérisseurs et pratiquent même la chirurgie. Ils connaissent les plantes et les racines qui soignent les morsures des serpents les plus mortels ou toutes les maladies infectieuses (d'ailleurs actuellement des liens s'établissent entre médecine moderne et médecine traditionnelle).
Quand il n'y a pas de Koulé (artisans du bois) dans le village, ils fabriquent aussi tous les objets en bois, mais d'abord les outils (haches, herminettes, couteaux, houes), les armes (lances, poignards, pointes de flèches, etc.) et les célèbres fers rituels placés sur le sommet des sanctuaires.

Travail du bois
Les Laoubé sont les artisans spécialistes du travail du bois de l'ethnie des Toucouleur. Ils sont nomades et on les retrouve dans tout le Soudan (voir ethnie Toucouleur).
Par contre, les Koulé sont les artisans du bois de l'ethnie Bambara.
On leur donne la même origine que celle des forgerons. Ce sont des Noumou, spécialistes du travail du bois. A ce titre, ce sont eux qui fabriquent les célèbres masques et les statues, source de connaissance pour la religion, la mythologie et la culture bambara. Le souci de ces artisans est de réaliser un masque de telle façon que les différents messages à transmettre ne puissent pas être mal interprétés par les spectateurs à initier. Ce qui n'exclut nullement une création individuelle dans le cadre rituel fixé par la tradition. La plupart des statues bambara sont liées a la religion. La majorité sont féminines et se différencient suivant les régions. Les Bambara utilisent peu la couleur et décorent souvent leurs sculptures de clous en métal ou de cauris incrustés; des graines et des perles sont incrustées à la place des yeux.
Les masques bambara sont très nombreux. Ils sont toujours associés aux cultes des sociétés 1 nitiatiques. Considérés comme «vivants », on leur apporte des offrandes; quand ils ne sont plus utilisés, on les enterre rituellement.
Les masques bambara sont tous la symbolisation d'un animal aux longues cornes et aux grandes oreilles, mais ayant aussi, souvent, des traits humains : cet être mythique, moitié homme, moitié animal, aurait, selon les légendes, enseigné aux hommes les travaux agricoles, Par exemple, le masque du ntomo (ou ndomo) est caractérisé par un nez humain mais possède des cornes (de deux à huit, sorte de peigne). Il est « l'image de l'homme tel qu'il est sorti des mains de Dieu ». Les cauris qui sont incrustés dans la face du masque évoqueraient la multiplication des hommes.
Le plus célèbre des masques bambara est celui de la société komo, le masque tyiwara, composé d'une calotte cri paille tressée surmontée d'une sculpture évoquant l'antilope.
Les tyiwara ont des variations infinies sur le même thème de l'antilope. Ce qui les apparente aux Sénoufo avec le masque kpélié, si varié lui aussi.
Dans la société koré (esprit de l'eau), on trouve une grande variété de masques d'animaux très expressifs (lion, hyène, cheval, singe).
Le travail du bois des Koulé comporte aussi la décoration d'objets usuels, comme les serrures ornées d'une tête de femme ou d'homme, les poulies des métiers à tisser, les bols et couvercles des coupes rituelles, les sistres, les lits (kalaka), les petits tabourets (kouroun) La croix bambara apparaît fréquemment sur ces objets. Le carré du centre représente le monde avec ses quatre points cardinaux. Cette croix sert aussi à un jeu bambara.
Des statuettes de jumeaux sont sculptées à la mort d'un jumeau. La statue porte le nom du défunt et on l'offre au jumeau survivant qui la décore de perles, d'anneaux et de bijoux. On donne aux filles des poupées (divinités de la fécondité) pour leur assurer de nombreuses maternités.

Poterie
Les poteries sont faites par les femmes des Noumou. Le forgeron leur fournit le bois destiné à la cuisson. Chacun de leurs gestes dans l'extraction de la terre, le pétrissage, le façonnage jusquà la cuisson est accompagné de formules magiques qu'elles murmurent entre les dents. Elles fabriquent des canaris aux formes très pures. Elles sont chargées de l'excision des filles et servent de coiffeuses aux autres femmes du village.
Les femmes des Laoubé fabriquent des jouets en terre cuite qu'elles vendent aux enfants. Ceux ci, cependant, savent très bien modeler l'argile et reproduire les scènes très vivantes de la vie quotidienne attelages, animaux domestiques, tisserands, forgerons, potières, maisons en banco avec leur escalier, etc. Leurs zébus ressemblent étrangement aux sculptures du Néolithique saharien. Leurs jouets rappellent ceux des enfants sao du Tchad, vieille civilisation située à plus de 3 000 km de Mopti. Les petites filles fabriquent des dînettes. La couleur est appliquée après une cuisson rudimentaire : le noir est tiré du charbon de bois, le blanc du kaolin, le rouge de la latérite. La couleur est appliquée directement avec le doigt ou à l'aide d'une plume de poule. Il s'agit là d'Lin véritable art populaire très riche en créations spontanées, dont les objets de la civilisation industrielle (télévision, Vespa, radio, etc.) ne sont pas exclus.
Ségou est le grand centre de poterie bambara. ALI marché, le lundi, les potières qui habitent les villages de l'autre côté du fleuve arrivent avec des pirogues surchargées de leur production : canaris pour préparer les vins de mil, petit et grand foyer, boîte à fards, etc.
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