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 Le Niger: Les Zarmas ou Les D'jermas

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korrigane

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Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Le Niger: Les Zarmas ou Les D'jermas   Jeu 10 Nov à 7:49

LES ZARMAS OU LES D'JERMAS


Leur Milieu:
Population : environ 500 000, dont 300 000 au Niger.
L'ethnie Zarma est très peu différente de celle des Songhaï (même origine).
La langue zarma est d'ailleurs un dialecte de la langue songhaï.
Les Zarma habitent une vaste région qui s'étend de Hombori, Djenné (Mali) à Gaya (Niger) et à la région de Kandi (au nord du Bénin).
Après avoir occupé successivement la région de Gao, puis celle de Djermaganda entre Tillabéry et Filingué d'où ils furent chassés par les Touareg, les Zarma s'installèrent à Dosso et dans la région de Niamey.
Le Zarma du Zémaganda, sédentaire, qui a toujours préféré la vie familiale paisible, est différent du Zarma du Dallol Bosso, ancien guerrier, nostalgique des combats menés avec leur célèbre cavalerie (région de Dosso).
Les principaux centres Zarma sont : Niamey et toute la région (villages de potières à Saga, Say, Dosso, Filingué, Tillabéry, Gaya).

Leur Histoire:
Les Zarma seraient un groupe de Songhaï animistes partis vers l'est, au xve siècle, pour fuir la pression de l'Islam. Installés dans le Zemaganda, ils s'étendirent du XVIe au xviiie siècle sur le pays Dosso, en assimilant le Gourma et le Haoussa. Ils opposent une farouche résistance aux invasions touareg. Après l'effondrement de l'empire du Mali, fuyant la pression des Peuls, les Zarma font leur mouvement de migration vers l'est.
Les princes Soninké, Songhaï et Zarma formaient une caste de chevaliers conquérants (rappelant nos chevaliers du Moyen Age). Ils combattaient à la lance et à l'épée sur des chevaux caparaçonnés de tissus matelassés en losanges rouges, jaunes et bleus.
Les cavaliers zarma de la région de Dosso portent encore les jours de grandes fêtes leur magnifique costume de guerriers : grand manteau brodé de motifs floraux rouges, jaunes et bleus, lance torsadée de tresses blanches, rouges et noires, grand bouclier, casque rouge cerclé de bandes métalliques argent, surmonté d'un plumet de plumes d'autruche blanches et noires. La chute de l'empire Songhaï au début du xvile siècle amena l'indépendance des Zarma. Vers la fin du xviie siècle, régna le grand monarque Tagour, qui rassembla sous son autorité tous les Zarma éparpillés parmi les Songhaï.
A sa mort, cet empire se morcela en petits groupes indépendants, hostiles les uns aux autres; par contre, dans le Dosso, les Zarma surent garder leur cohésion. A l'arrivée des Français, ils ont lutté courageusement contre l'occupation de leur territoire. Leur devise, « plutôt la mort que la honte », montre bien l'esprit de leur résistance désespérée contre l'envahisseur. Plusieurs révoltes furent réprimées avec violence (révolte de 1899 de Dosso et, en 1905, révolte de Kobsikanda).

Leur Vie Economique:
La vie économique des Zarma est très semblable à celle des Songhaï.

Leur Vie Sociale:
Il semblerait que le système des castes est plus marqué chez les Zarma que chez les Songhaï. D'après Boubou Hama, on distingue dans la société zarma :
- les artisans du bois (bûcherons) en contact avec les génies des arbres ; les artisans potiers (feu et terre); les chasseurs, en relation avec le double des 'animaux et les esprits qui les protègent,
- le Zima, medium en relation avec le double des morts, capable de recevoir dans son corps un holey, qui se servira de lui pour s'exprimer aux hommes; on ne naît pas zima, on le devient après initiation.
- le marabout, représentant de l'Islam et de la puissance religieuse du Coran.

Leur Vie Religieuse:
Les croyances animistes sont les mêmes que celles des Songhaï non islamisés.
La vie religieuse est dominée par des sociétés ou des sectes. Le Tierko et la Sonianké sont les deux sectes dominantes. Les Zarma sont très superstitieux. Ils ont de nombreux interdits. Par exemple. il ne faut jamais enjamber la chaîne d'un tisserand, car celle ci symbolise la route et évoque l'image de l'arme passant à travers corps.
Dans tout le pays zarma, on vous raconte encore aujourd'hui que certains hommes ont le pouvoir d'être dans deux endroits différents au même moment et on vous cite alors, devant votre scepticisme. de nombreux cas, contrôlés par votre interlocuteur.

Leur Vie Culturelle:
La langue zarma (dialecte de la langue songhaï) a deux aspects une forme savante, raffinée, utilisée surtout par l'aristocratie, et une forme populaire, utilisée par les griots et le peuple. On arrive ainsi facilement à déceler le milieu social par les expressions utilisées. Le langage d'amour est plein de délicatesse. Par exemple, Bouba Hama nous précise que « la fiancée qui n'aime pas son fiancé ne le lui dit pas crûment. Elle passe par l'intermédiaire d'une amie. Celle ci s'acquitte de sa besogne en présentant aux amants un natte symbolique comme siège, désignée en zarma sous le vocable « Ni tié bio, ni tié kara », c'est à dire « ton pied noir, ton pied blanc ». Le symbole de la natte faite avec l'alternance de bandes blanches et de bandes noires cousues ensemble signifie : « pour le mal, pour le bien, je ne veux plus de toi ». Les bardes en pays zarma étaient toujours aux côtés de leurs princes en première ligne dans les combats et déclamaient des poèmes passionnés pour exprimer leur amour ou leur haine. Les chants sont accompagnés à Falgeita, quelquefois soutenus par trois tambours. L'algeïta, sorte de hautbois, a chez les Zarma des dimensions plus grandes que celui des Haoussa, avec une sonorité plus grave et plus puissante.
La musique zarma est riche et variée, surtout dans les palais des sultans comme à Dosso (Niger).

Leur Vie Artisanale:
L'artisanat zarma est très proche de celui des Songhaï. Il y a toutefois des productions spécifiques zarma surtout en tissage.
Les artisans sont parfaitement intégrés dans la communauté zarma, même s'ils sont d'origine étrangère. Ils habitent parfois des v illages spéciaux. Par exemple, dans la région de Dosso, les villages de Darey et Noma Kwara sont formés de forgerons et de tisserands. Dans la région de Kiota, le village de Kolbu est surtout habité par des cordonniers et Saga, près de Niamey, par des potières.

Habillement
Les pagnes des hommes (7edji) sont souvent ornés de broderies à la mode haoussa. Ils portent un bonnet de toile blanche entouré d'un grand turban.
L'armement et l'équipement de leurs cavaliers ressemblent à ceux des Touareg : grandes bottes en cuir décoré, grand bouclier en peau d'antilope, longue lance de fer, sabre dont la poignée est en forme de croix, poignard fixé à l'avant bras gauche.

Parure
Les Zarma portent assez souvent, comme les Touareg, un anneau de pierre au dessus du coude (quelquefois, simplement en cuir). Les coiffures des femmes sont tressées avec des perles de verre ou des morceaux de corail fixés dans les nattes.
Comme chez les Songhaï, on remarque le bijou d'argent en forme de cadenas accroché à la cloison nasale et le bracelet en torsade, gros anneaux de cheville, reposant sur des petits bracelets de cuir pour éviter que les frottements et le poids du métal ne blessent la peau.
Le bracelet en argent dougou alterne une partie torsadée avec une partie carrée d'un très bel effet décoratif.

Tissage
Les tisserands d'origine zarma nomadisent dans tout le pays haoussa, mais nombreux sont ceux qui se sédentarisent. Dosso est le grand centre des tisserands zarma, ainsi que toute la partie nord du cercle de Dosso. Les villages de Darey et Noma Kwara sont composés uniquement de tisserands, leurs couvertures de mariages, en coton, de 3 m sur 1,60 m, sont exceptionnelles comme tissage. Les plus célèbres se nomment Tera Tera (fabriqué au village de Tera) ou Krou Krou, aux motifs géométriques rouges, noirs sur fond blanc, composé de dix sept bandes assemblées. Les motifs stylisés sont extrêmement variés : le porteur d'eau. l'ânier, le boeuf, le chameau et même l'avion. Ce sont de véritables tapisseries.
Ces couvertures traditionnelles sont maintenant agrémentées de motifs verts et oranges qui vulgarisent les modèles classiques si purs.
Un pagne zarma, très caractéristique, est composé de l'alternance de bandes blanches tissées et de bandes teintes à l'indigo avec réserves. Cette rencontre de deux techniques différentes apporte un effet nouveau très intéressant.
Toutes les femmes zarma filent et apportent aux tisserands le coton mis en pelote afin qu'ils réalisent leurs commandes précises.
On peut trouver des pagnes et des couvertures à la boutique des Musées de Niamey, et dans tous les marchés zarma comme Tera, Dosso, mais surtout pendant la saison sèche.

Vannerie
Les femmes tressent clés nattes, particulièrement à Say, mais la vannerie utilitaire est souvent réalisée par les femmes Bellah (esclaves noires des Touareg).

Travail du cuir
Les garasa, cordonniers maroquiniers de la région de Dosso, sont réputés. Certains sont Zarma. Ils utilisent surtout la peau des chèvres et des moutons, qu'ils tannent eux mêmes en se servant d'un fruit.
Ils fabriquent des harnachements de chevaux, des bottes et des sandales.

Travail du métal
Les forgerons Zarma Songhaï (Zain) confectionnent les gros anneaux de cuivre qui ornent les chevilles des femmes zarma. Ils les coulent dans des moules appelés liligifu (composés d'une matrice en terre recouverte d'un moule de gomme auquel le métal en fusion se substitue).

La poterie
La poterie, comme la teinturerie, est souvent réalisée au Niger par les femmes Haoussa. Il existe néanmoins des villages entiers de potières Zarma, comme par exemple à Saga (à 15 km de Niamey) dont les belles poteries en terre rouge, décorées de motifs géométriques (bandes de chevrons en blanc) réalisés avec du kaolin, sont remarquables. Beaux canaris aussi à Bonbon, village de pêcheurs Zarma.

Bois
Les forgerons fabriquent des louches et des cuillères en bois, souvent pyrogravées, ainsi que des mortiers et leurs pilons.
Couverture de mariage. Région de Téra, Niger.
Poteries zarma vendues au marché de Niamey. Niger.
Cette potière zarma pose le kaolin à l'aide d'un simple bâton pour réaliser le décor géométrique de sa cruche.
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