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 Le Burkina Faso: Les BOBOS

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korrigane

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Localisation : le kremlin bicêtre
Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Le Burkina Faso: Les BOBOS   Jeu 10 Nov à 8:13

LES BOBOS


Leur Milieu:
Au Mali : 100 000.
En Burkina Faso : 270 000 (dont 200 000 Bwa Bobo Rouge).
Les Bobo font partie du groupe mandé (avec les Dioula). Ils sont divisés en trois groupes, différents par la langue, les coutumes, mais ayant tous le même genre de vie.
1. Les Bobo blancs (Kian Bobo Gbe);
2. Les Bobo rouges (Tara Bobo Oulé), qu'on appelle aussi les Bwa.
Ils vivent dans la boucle de la Volta Noire. Ils sont environ deux cent r mille parlant le Bwamou, langue voltaïque;
3. Les Bobo noirs (d'origine Mandingue) (Bwa Bobo Fing) qu'on appelle Bobo simplement ou Bobo Dioula (qui a donné le nom à la ville de Bobo Dioulasso). Leur domaine s'étend de Djenné (Mali) à Bobo Dioulasso (Burkina Faso). Ils sont encore cent mille et parlent une langue mandingue (dialecte de la langue Sia).
On constate que l'ensemble des Bobo occupent un vaste quadrilatère, à cheval sur les territoires de Burkina Faso et du Mali, limité à l'est par la Volta Noire, à l'ouest par le Bani (affluent du Niger), au nord par les falaises de Bandiagara et, au sud, par les régions de Koutiala et Sikasso.
Principales villes : San, Tominian (Mali), Nouna, Bobo Dioulasso, Houndé (Burkina Faso).

Leur Histoire:
D'origine mandé, habitant la région de Djenné, les Bobo ont été refoulés par les conquérants Soninké, puis Bambara dans la zone où ils vivent actuellement.
Vers le xve siècle, les Bobo Dioula (groupe Koulango arrivé de Djenné) s'installèrent aussi dans le pays vers Bouna et Bondoukou. Morcelés en village, jamais regroupés en confédérations, les Bobo ont su néanmoins rester indépendants de leurs puissants voisins du Mali et du Mossi.
Toutefois, ils ont dû subir pendant des siècles les razzias des Songhaï, des Soninké et des Dioula.
Pendant la Première Guerre mondiale (1914 1918), les Bobo se révoltèrent contre les colonisateurs français, qui réprimèrent violemment cette révolte armée.

Leur Vie Economique:
L'agriculture constitue la principale activité des Bobo. Ils élèvent des chiens dont la viande est considérée comme un mets de choix.
Les ruches des abeilles, installées dans les arbres, ont une belle forme cylindrique. Elles sont faites avec de la paille et une poterie hors d'usage.
La cire sert aux bronziers pour la technique de la cire perdue.
Les Bobo sont d'excellents chasseurs. La chasse collective est réalisée sous la direction du chef de chasse.

Leur Vie Sociale:
Le village est encore l'unité économique, politique, avec un chef à sa tête. Les villages étaient indépendants les uns des autres, jamais regroupés en royaume. Il existait néanmoins des alliances avec les grosses agglomérations les plus proches. Les habitants des villages Bwa sont groupés par cinquante à cent personnes maximum pour composer une unité d'exploitation des champs de mil.
Au sommet du village se trouvent le chef de la communauté civile, le chef de la terre, Du So, puis les vieillards, et le conseil de famille composé des initiés. Le Du So est assisté par le chef des cultivateurs, le chef des greniers à mil et le Kala qui partage la production.
Après les cultivateurs (qui ont un statut comparable aux nobles), on trouve les forgerons, les griots, les Peul, gardiens de troupeaux, et les esclaves qui jouissaient d'un statut très libre par rapport aux autres groupes ethniques.

Leur Vie Religieuse:
Plus de 70 % des Bobo sont restés animistes. Les Bobo islamisés ou non font parfois appel aux Marabouts, mais sans pour autant négliger le culte des ancêtres et des divinités locales.
Selon une légende populaire en pays Bobo, Dieu (Dofini) créa dans le royaume des cieux le premier homme, Adama, puis la première femme, Awa. Il les fit descendre sur terre en leur donnant une peau de bouc, une daba (houe), un tambour et une houlette. Il créa ensuite quatre hommes et quatre femmes : un forgeron (Kanzani) et sa femme (Assouma), un griot et sa femme (Yekye), un Bobo et sa femme (Sounou) et un Peul. Dieu leur dit qu'ils étaient tous frères. Il remit la peau de bouc au forgeron, qui contenait les outils de son métier, le tambour au griot, la houe au Bobo et la houlette au Peul. D'après cette légende, on retrouve les quatre catégories de gens libres : les cultivateurs, les forgerons, les griots et les Peul.
Tous les actes importants donnent lieu à des rites religieux dans lesquels les forgerons Bobo jouent un rôle de premier plan. Ils sont consultés pour le débroussaillage d'un nouveau champ, pour ouvrir la saison de la chasse, pour abattre un arbre. Chaque fois ils doivent s'assurer le consentement des esprits.
L'association initiatique des masques do est présente partout dans le pays Bobo. Le Bwa durant toute sa vie va s'appuyer sur le do, puissance religieuse qui est à la base (comme le poro sénoufo) de toute la vie socio culturelle. Le do est l'incarnation d'une énergie vitale en relation directe avec la « cause des causes ».
Cette société a des rites servant à assurer la fécondité de la terre.
Chez les Bobo Fing, le do est l'esprit protecteur du village, présent aux funérailles et au début des travaux des champs. Les porteurs de ce masque doivent observer les tabous d'usage. Le masque est ensuite inhumé solennellement. Le do révèle ainsi l'importance de l'eau et le principe d'unité dont il est l'incarnation.

Leur Vie Culturelle:
Fêtes agraires, familliales (mariage, funérailles). La basga, fête des récoltes, se situe fin novembre.
Les Bobo aiment particulièrement danser. Pour les Mossi ils sont ceux qui s'amusent toujours. Chaque circonstance religieuse ou profane donne lieu à des danses, mais leur danse préférée est le yenyen.
Les griots sont les musiciens attitrés. Dans les orchestres, chaque instrumentiste a un nom particulier :
- Timbala (joueur de tambour à signaux, tin kani), Zingoba (joueur de gros tambour),
- Kengueba (joueur de tambour en longueur),
- Dondon Zuba (joueur de petit tambour d'aisselle), Tiomba (joueur de balafon).
A l'intérieur des cases, les murs sont crépis avec de l'argile, puis recouverts d'un enduit noir (charbon de bois pulvérisé dans l'eau). Ces murs noirs sont souvent ornés de dessins à la craie blanche représentant des animaux ou des personnages mythologiques et aussi d'empreintes de mains d'enfants ou d'adultes obtenues soit en projetant du kaolin (argile blanche) autour de la main, soit, par opposition, en appliquant la main enduite de kaolin.
L'extérieur est crépi avec de l'argile amalgamée avec de la paille sèche et du fumier.

Leur Vie Artisanale:

Habillement
Les hommes portent une culotte très courte et très serrée et une petite blouse très ajustée, confectionnées avec des bandes de coton assemblées, blanches et bleu indigo; les femmes portent un minipagne noir autour des reins.

Parure
Quelques jours après la naissance d'un enfant, on lui attache un pendentif au cou (à la forme d'un caméléon ou de la lune ou du soleil) et un bracelet de fer (ou de cuivre torsadé) au poignet.
Certaines femmes de forgerons sont spécialisées dans les tatouages. Le tatouage facial est le même pour les hommes que pour les femmes. Il est effectué vers l'âge de 4 à 8 ans. Le dessin de base est identique pour tous les Bobo. Il se différencie au moyen d'un petit signe particulier propre à chaque clan. Les parties entaillées des tatouages sont saupoudrées de poudre de charbon de bois et de beurre de karité. Les tatouages sont de plus en plus rares.

Tissage
Le filage est fait par toutes les femmes. Il n'y a pas de caste particulière pour le tissage réalisé par les hommes : tissage en bande étroite permettant la réalisation de très belles chemises écrues ou marines (indigo), pagnes en batik, indigo et noix de kola, châles avec réserve.
En Côte dIvoire, le village de Sokorogo est composé de Bobo tisserands, islamisés, venus de Burkina Faso au XIXe siècle pour extraire de l'or. Après de nombreux déplacements, les gisements étant de moins en moins rentables, ils s'installèrent à Sokorogo où ils apprirent des Djimini l'art du tissage. Ces tisserands ne sont pas castés. Les différents pagnes, qu'ils produisent sur des métiers de type soudanais, portent un nom particulier, selon les motifs et les coloris utilisés :fingbe (pagne blanc), sosoni (petit haricot chamarré), mavagamoussohoto (sac de femme), gbofroto (galette), gnignangni (dent de souris), samangaraka (côte d'éléphant), etc.

Vannerie
Ce sont les hommes qui exécutent en général les paniers et les chapeaux de paille caractéristiques (qu'on trouve au marché de Ovedrago). Mais, au marché de Bobo Dioulasso, on trouve un choix de presque toutes les vanneries bobo, qui sont très belles et souvent colorées (rouge et jaune), les très beaux paniers de mariage en vannerie rouge s'emboîtent les uns dans les autres.
Les Bobo fabriquent également des nattes en tiges de mil entrelacées et bordées avec des fibres végétales, des paniers à fond très solide pour le transport des grains ou le rangement des vêtements.

Travail du cuir
La cordonnerie est exécutée par des artisans appelés Sambi, rattachés davantage à la caste des griots qu'à celle des artisans.

Travail du métal et du bois
La caste des forgerons détient presque toutes les activités artisanales bobo. Ils sont, en effet, à la fois forgerons, bijoutiers, fondeurs, spécialistes du fer et du bois.
Avec le fer ils fabriquent les outils utilitaires : houes, pointes de flèches, haches, herminettes, etc. Avec le bois, des pirogues, des manches d'outil, des cuillères, des louches, des tabourets à trois ou quatre pieds.
Ce sont eux aussi qui, sur le plan religieux, réalisent les masques rituels do (nom désignant, en général, le masque chez les Bobo).
- Masques do des Bobo Fing (région nord de Bobo Dioulasso et, dans le sud, région de Nouna). Au Mali, dans la région de San et de Koutiala, masques figurant des êtres humains stylisés ou des animaux comme le bélier, le buffle, l'antilope, le cheval.
- Masques Bobo Oulé (Bwa).
- Masque la, polychrome, évoquant le buffle mâle (emblème totémique des Bobo).
- Masque doyo, géométrique, très haut (2m), aux motifs, de damiers, zigzags, triangles, chevrons, servant à opposer symboliquement les classes d'âge des villages et à manifester la puissance divine. Le masque doyo des Bwa de la région de Houndé aurait été acheté à leurs proches voisins, les Gourounsi. Il présente beaucoup d'analogie, en effet, avec les masques à étages des Dogon, Mossi et Baga. lis se caractérisent par des visages ronds, animés par deux yeux en cercles concentriques, la bouche en losange, en carré ou en rond toujours en relief, le visage couronné d'un bec d'oiseau crochu surmonté d'une planche ajourée et ornée de motifs géométriques blancs, noirs et ocres.
- Masque hunibo, représentant d'une façon très abstraite les grands calaos (oiseaux mythiques).
- Masque nassini, représentant un coq avec sa crête mai s au visage humain. Il appartient au forgeron comme le masque du boeuf et le masque du bélier.
Certains masques et casques ovoïdes do évoquant un ancêtre mythique, sont creusés dans un tronc d'arbre et ont une poignée qui permet de les tenir à l'aide de la main, tellement ils sont lourds à porter. A tous ces masques s'ajoute toujours la longue jupe de fibres.
La sculpture, à part certains objets cultuels, est très rare chez les Bobo (elle est plus courante chez les Gourounsi).
Les objets domestiques, comme les sièges, les cannes, les verrous de porte, les instruments de musique prennent couramment les formes zoomorphes et anthropomorphes qu'on trouve dans les masques. Banc, en forme de pilon, prolongé d'une tête humaine, fauteuils et chaises en bambou.

Poterie
Au marché de Bobo Dioulasso, le coin des potières présente la diversité de la production bobo en terre rouge avec des traces noires d'oxydation : plat à beignets, plat à couscous, jarre à bière de mi], canaris pour l'eau, etc.
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