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 Le Burkina Faso: Les LOBIS

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korrigane

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Localisation : le kremlin bicêtre
Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: Le Burkina Faso: Les LOBIS   Jeu 10 Nov à 8:15

LES LOBIS


Leur Milieu:
En Burkina Faso, on compte encore 100 000 Lobi et 60 000 Birifor (très proches culturellement). En Côte d'Ivoire, ce groupe voltaïque avec les Lobi, les Koulango et les Birifor, ne compte plus que 60 000 individus.
Les populations du rameau Lobi habitent une partie de la HauteVolta, débordant un peu au Ghana et en Côte d'Ivoire où ils occupent une région au nord de Bouna.
Principaux centres : Bouna (Côte d'Ivoire), Diébougou et Gaoua (Burkina Faso), Lawra, Wa et Kampté (Ghana).

Leur Histoire:
D'après des traditions orales, les premiers Lobi franchirent la Volta vers 1770 arrivant de l'actuel Ghana et s'intallèrent près de Batié. Ensuite, l'expansion Lobi se poursuivit pacifiquement vers le sud et l'ouest (entre les Sénoufo et les Koulango). Ils s'intégrèrent au sein des Koulango. Les ruines qui parsèment le pays lobi (à Loropéni par exemple) construites en blocs de latérite, joints au mortier, ont sans doute précédé les Koulango. Elles seraient donc antérieures au xvie siècle. Ce pays lobi avait la réputation d'être invulnérable. Aussi la plupart des empires voisins ont ils respecté cette région. Les conquérants manding l'évitèrent, les Ouattara durent battre en retraite et les chefs de Samory qui tentèrent d'envahir le pays furent obligés de fuir.
Plusieurs colonnes anglaises et françaises contournèrent cette région sans oser y pénétrer. Gaoua ne fut conquis qu'en 1901, et il a fallu de nombreuses années pour pacifier le pays.

Leur Vie Economique:
L'agriculture est encore la principale activité des Lobi.
Chaque famille possède un certain nombre d'animaux qui servent plus à constituer les dots (boeufs, moutons, chèvres) et à fournir des victimes pour les sacrifices offerts à l'occasion des funérailles qu'à en tirer profit.
Une autre ressource est l'apiculture pratiquée un peu partout. Les ruches sont de formes cylindriques. Ils consomment le miel et la cire sert aux fondeurs pour modeler les bijoux.
La société traditionnelle lobi était tenue par des liens extrêmement libres sans chef suprême, mais elle a su toutefois faire face à ses ennemis Chaque famille patriarcale est abritée dans une grande maison (soukoula) composée de plusieurs bâtisses groupées en bloc forteresse aux toits en terrasse.

Leur Vie Religieuse
Cultes locaux, surtout agraires, et cultes privés familiaux destinés aux ancêtres et à la terre.
Le seul culte tribal est celui de la société du Dyoro, qui a son panthéon et ses rites particuliers (Dieu atmosphère, Tangha habitant le ciel, la terre, les fleuves, peuplés d'êtres surnaturels). Les cérémonies d'initiation du Dyoro ont lieu tous les sept ans au mois de novembre/décembre ou janvier. Pendant le temps d'initiation, les anciens taillent dans du bois des sièges tabourets et des bâtons et ils réalisent les parures des jeunes initiés.
Très superstitieux, les Lobi portent de nombreuses amulettes protectrices (corne de bélier, colliers de cent cinq cauris, etc.) consacrées par des rites magiques. D'où l'importance des sorciers, devins, faiseurs de pluie en pays Lobi.
Devant leur soukala, les Lobi érigent des autels en terre battue ou en bois représentant des figures tantôt humaines, tantôt animales, presque informes, qui ont pour mission d'apaiser la force vitale des animaux et des arbres abattus. Ces autels avec leurs sculptures de grandes dimensions sont de plus en plus rares.

Leur Vie Culturelle:
Grandes fêtes d'initiation septennales du Dyoro, sur les rives de la Volta Noire. Cette fête a pour but d'établir des liens entre l'univers aquatique et le monde terrestre (alternance de l'eau et de la terre). Après les récoltes, fête de Biré.
Dans la région de Diebougou (Burkina Faso), fête religieuse du Daguéo (puissance protectrice des fossoyeurs). Ces fêtes ont lieu trois mois après les récoltes (février ou mars). Le dieu Daguéo est matérialisé par une branche desséchée à laquelle sont suspendues des calebasses sacrées dont on se sert aux enterrements. Fête très spectaculaire à l'occasion des funérailles d'un chasseur. Il s'agit d'une véritable représentation théâtrale où l'on mime les principaux événements de la vie des défunts.
Les Lobi sont de remarquables musiciens. Les Lobi de la région de Bouna (Côte d'Ivoire) ont l'habitude, au cours de leurs longues marches en brousse, d'improviser des airs très nostalgiques sur un sifflet taillé en bois de forme curieuse, qu'ils portent suspendu au cou.
La littérature orale comprend des récits érotiques et scatologiques, des contes et des fables qui mettent en scène des animaux parlant et agissant comme les hommes. Les deux animaux favoris sont la hyène, d'intelligence limitée, brutale et gourmande, et l'araignée (comme dans les contes Baoulé).

Leur Vie Artisanale:

Habitation
La soukala (qu'on retrouve dans une aire plus étendue que celle des Lobi, entre autres chez les Somba du Bénin) est une construction basse, massive, sans étage, couverte d'une terrasse, entourée e parapets cannelés. Seule une porte étroite s'ouvre sur la rue pour laisser le passage des habitants. Les greniers à mil sont cylindriques (sorte de petites tourelles); de loin, l'ensemble fait penser à un petit chateau fort.

Habillement
Dans certains villages isolés, les Lobi se protègent seulement le sexe et les fesses par un morceau d'étoffe ou de peau, soutenu par une ceinture en lanière de cuir ou en fibre de dah, serrée au dessus de la hanche. Les femmes ont des ceintures faites avec une herbe assez fine coupée en brins de 40 cm environ.
Lorsqu'on veut obtenir une ceinture à deux tons noir et blanc, on laisse macérer deux jours les brins dans une boue corrompue prélevée au bord des marais. On fait aussi bouillir l'herbe dans une infusion de racine d'arbre. On forme avec ces éléments une tresse à quatre brins alternés ou unis. La ceinture d'une femme comprend un certain nombre de tresses (les élégantes en portent jusqu'à cent). Elle nécessite un mois de travail. On en trouve quelquefois aux marchés.
Les hommes portent, comme chapeau, une calebasse fixée par une cordelette sous le menton, ou le petit chapeau cônique mossi en paille de maïs.
Les jeunes gens ont souvent les cheveux très longs. Ils les séparent en deux parties par une raie au milieu avant de les tresser en nattes rentrées à l'intérieur (coiffure en casque).
A la coiffure de parade on joint des plumes blanches de calao.
Les femmes, par contre, portent des cheveux courts; quelques unes gardent sur le sommet du crâne une sorte de crête nattée en tresses parallèles. Un lien, en tresse noire, blanche ou rouge, fait le tour de la tête et complète la coiffure des deux sexes.


Parure
Les parures sont sensiblement les mêmes pour les deux sexes bracelets portés aux poignets ou aux bras, faits de paille tressée (le modèle est souvent copié en métal par les fondeurs de cuivre), bagues, portées à la main gauche seulement (anneaux de fer ou de cuivre), pendentifs en cuivre et nombreux gris gris.
Un pectoral en cauris, renfermant un pouvoir surnaturel qui agit sur les forces fécondantes de la nature, est porté seulement par les chefs des sanctuaires echtoniens (nord de Bouna).
Les hommes portent un seul pendentif, plaque d'ivoire dont la base est taillée comme un sifflet. Les Lobi utilisent les perles et les cauris dont ils font des colliers, des ceintures, des bracelets de cheville. Les scarifications, esthétiques plutôt que religieuses, sont surtout en honneur chez les femmes, qui y apportent beaucoup de fantaisie. Elles les portent sur le ventre autour du nombril et sur le dos.
Un autre ornement recherché par les femmes lobi consiste à s'introduire dans la lèvre supérieure et inférieure des labrets formés de disques de bois, de poterie ou de quartz, confectionnés par les femmes elles mêmes.
L'opération est faite par une femme avec une épine sur les fillettes de 4 à 5 ans. On trouve aussi chez les Lobi des mutilations dentaires (taille en pointe des incisives supérieures) et des mutilations des oreilles (introduction dans le lobe d'un os, d'une épine ou d'une baguette courbée).

Tissage
Il n'y a pas de tissage lobi. Les bandes sont achetées aux tisserands d'autres ethnies voisines.

Vannerie
Grands paniers utilisés pour le transport des céréales (fond carré ou rond) en tiges de millet ou de sorgho, cônes en vannerie pour capturer le poisson, panier ovale en paille très fine de maïs. On trouve toutes ces belles vanneries dans la région de Gaoua.

Travail du métal
Il n'y a pas de caste de forgerons, ceux ci étant aussi des agriculteurs. Ils fabriquent des outils (hache, houe, couteau), des armes (arc, flèche) et des crosses de jet de deux types, l'un comportant un corps et une tête (ressemblant à une courte canne polie et taillée), l'autre grossièrement façonné en forme de crochets à l'aide d'une branche fourchue.
Ils font aussi des bijoux en fer.
Par contre, les bijoux en cuivre sont réalisés par des fondeurs spécialisés qui utilisent la technique de la cire perdue : statuettes en bronze représentant des scènes de la vie familiale, fabriquées à Koutouba (Côte d'Ivoire), bracelets à torsades ou à tresses plates, accompagnées de petits caméléons, poules ou serpents pour se protéger, bracelets en spirale qui s'inspirent du serpent lové; bagues surmontées d'un pintadeau; pendentifs en cuivre ciselé en forme de croix, de serpent, de caméléon, de tortue, animaux emblématiques qui protègent ceux qui les portent; boucles d'oreilles formées d'une feuille de cuivre dans laquelle on découpe une petite circonférence.
On trouve surtout ces bijoux à Gaoua, grand centre artisanal lobi, et à Ouango Fitini, près du relais touristique du parc national de Bouna en Côte d'Ivoire.

Travail du bois
On connaît surtout des sièges, simples fourches à trois pieds, des petits bancs en forme d'écu ornés de têtes stylisées, souvent sculptés, reposant sur trois pieds dont l'un, oblique, est plus allongé que les autres.
Les Lobi n'ont pas de masque mais sculptent de remarquables statues d'ancêtres très stylisées dont le rôle est de protéger la famille, le village et les champs.
Au centre des places des villages lobi, on peut voir de grands cônes d'argile au pied desquels sont placées des statues en bois très stylisées qui ont le pouvoir de garder les vertus des épouses et de lutter contre les maladies.
Les plus belles statues, aux jambes larges (comme des pantalons) et aux fesses pointues, ont un visage très fin aux joues gonflées.
Poteaux sculptés devant les autels.

Poterie
Poteries aux formes très variées réalisées exclusivement par les femmes : jarres à la forme bombée et au col étroit pour transporter l'eau, la bière de mil; marmites de grosseurs différentes pour la cuisson des aliments, lèchefrites, moules à beignet, grandes jarres à brasser la bière, plats à bords évasés pour servir les gâteaux de mil, récipients à trous pour préparer la cuisson des semoules; petits pots à miel.
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