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 La Côte D'Ivoire: Les Baoules

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korrigane

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Date d'inscription : 10/11/2005

MessageSujet: La Côte D'Ivoire: Les Baoules   Jeu 10 Nov à 8:20

LES BAOULES


Leur Milieu:
Les Baoulé sont environ 500 000.
C'est une des principales ethnies de la Côte d'Ivoire. lis en occupent la partie centrale, zone de savane qui pénètre un coin de la forêt. Cette région est comprise entre les fleuves Nzi, Comoé et Bandama. Les Baoulé sont issus du peuple Akan qui forme un ensemble culturel et linguistique qui regroupe les Ashanti au Ghana, les Agni et les Abron à l'est de la Côte d'Ivoire.

Leur Histoire:
Les Akan auraient quitté vers la fin du XVIIe siècle leur territoire du Nord du Ghana pour gagner les forêts du Sud à la recherche de mines d'or. De nombreuses guerres intestines éclatèrent, provoquées par l'appât de l'or, symbole sacré du pouvoir Akan (tabouret en or : Sikadwa).
Le noyau Ashanti le plus vigoureux resta sur place, tandis que les fractions les plus faibles, expulsées, furent obligées de fuir et de rechercher de nouvelles terres.
Au milieu du XVe siècle, un groupe, les Abron, se dirigea vers le Nord dans la région de Bondoukou.
L'origine de l'exode Baoulé a lieu plus tard, pendant les guerres qui suivirent la mort d'Oseï Toutou, fondateur du royaume Ashanti. A sa mort, entre 1720 et 1730, ses neveux Dakon et Opokou Ware se disputèrent sa succession. Dakon fut tué. Sa soeur (Abia Pokou) rassembla ses partisans et s'enfuit avec eux en moyenne Côte d'Ivoire. Ils franchirent la rivière Comoé et s'établirent dans les plaines proches du Bandama.
Une légende raconte que, poussés par un groupe d'Ashanti qui les poursuivait, ils furent arrêtés par le passage du Comoé. La reine, pressée par le magicien du clan, jeta à l'eau cri sacrifice son fils unique. Aussitôt, un grand fromager situé de l'autre côté de la rive se courba jusqu'à eux pour servir de pont auxfugitifs. Alors la reine, bouleversée par son sacrifice, se retourna vers le fleuve et cria : « Baouli », c'est à dire : « l'enfant est mort ». Ce serait l'origine du nom de Baoulé.
Ayant trouvé des mines d'or, la reine résolut de se fixer dans le bassin du Bandama. Elle refoula les Sénoufo vers le nord et rejeta une partie des Gouro sur la rive droite du Bandama.
Abia Pokou mourut vers 1760. Elle fut enterrée à Warébo (Sakasso), sa capitale (située au Sud Ouest de Bouaké). Sa nièce, Akwa Boni, lui succéda et acheva la conquête pacifiste du côté Ouest en annexant les pays aurifères du Yaouré sur le rive droite du Bandama Blanc.
Les Baoulé, tout en conservant l'héritage Ashanti, qu'ils ont su faire fructifier (particulièrement le travail de l'or et du cuivre avec la technique de la cire perdue, et le tissage) développèrent, sous l'influence des Gouro, la sculpture sur bois. Cette fusion de plusieurs cultures fut une des raisons de la richesse particulière de la production artistique baoulé.
Au XIXe siècle, plusieurs chefs Baoulé s'allièrent avec les Fanti, formant un maillon dans le commerce des esclaves et de l'or. L'alliance avec Samori (1891) entraîna l'intervention française entre 1900 et 1910. Après une lutte courageuse, le peuple Baoulé comprit que toute révolte armée était condamnée à l'échec, étant donné la puissance des armes de ses adversaires, et se résigna au système colonial.

Leur Vie Economique:
L'agriculture est la base de la société baoulé.
Le Baoulé n'est pas éleveur. Le bétail est confié aux bouviers Peul. Les Baoulé, par contre, accordent beaucoup de soin à l'élevage des volailles.

Leur Vie Sociale:
Issus de l'État Akan, fortement hiérarchisés, les Baoulé ont cherché à imposer aux autochtones les modèles d'organisation de leur société d'origine. L'autorité était basée sur le roi, puis venaient les clans, les Akposone (groupe de villages), le village et, enfin, la famille (auro), chaque groupe ayant un chef.
Avec les luttes intestines de la période pré coloniale, l'autorité se dégrada, Depuis l'indépendance, l'ancienne structure politique traditionnelle est remplacée par une structure administrative nationale qui s'appuie néanmoins encore sur l'autorité des chefs traditionnels.

Leur Vie Religieuse:
Les croyances des autochtones se superposèrent à celles des Akan. Seuls, les grands cultes baoulé résistaient à cette assimilation : le culte de Niamié (dieu du ciel), le culte d'Assié (la terre non défrichée), les autres croyances étant partagées par les autochtones. On connaît de nombreuses divinités secondaires auxquelles on érige des autels au bord des fleuves, au pied des collines.
Les génies les plus représentés sont Gherké, le génie singe, et Goli, génie à tête de taureau (ces deux génies seraient les fils de Niamé). Il faut citer aussi les société secrètes du Do.

Leur Vie Culturelle:
Chaque année, de grandes festivités, appelées Adaé, ouvrent la période de la récolte des ignames.
Ayant hérité des traditions akan, les Baoulé (comme les Agni et les Abron de l'Est) accordent une grande importance aux cérémonies funéraires.
La littérature orale baoulé est très riche, proche de la création dramatique (conte mimé), de la musique (chant épique) et de la poésie populaire (fables d'animaux, énigmes et devinettes).

Leur Vie Artisanale:
L'artisan créateur est une personnalité très estimée dans la société t hiérarchisée baoulé. Le sculpteur sur bois est consulté dans toutes les affaires importantes, ainsi que le forgeron. Il n'y a pas de système de caste. Celui qui manifeste une vocation particulière peut devenir artisan.
La technique de la sculpture et de l'orfèvrerie s'acquière pendant l'apprentissage effectué chez un artisan professionnel que le père du jeune homme rétribue en conséquence.

Habillement
L'homme porte un pagne classique rectangulaire, formé de quatorze bandes de toile de coton, cousues ensemble. (Chaque bande de 10 cm de large et de deux mètres de longueur.)
Le pagne (yassaoua kondrou) est drapé sur une épaule à la façon de la toge romaine. Le coin est porté dans la main ou fixé sur la nuque par un noeud. Le vêtement de dessous est un caleçon (alâ kouné).
La femme porte le bangla ou taésou, vêtement d'une pièce enveloppant les reins (un mètre sur deux).
Pour sortir en ville, ce pagne est fixé au dessous des épaules pour cacher les seins. Il enveloppe le corps en deux tours en commençant sous l'aisselle droite. Aujourd'hui, on porte plus largement le komplé, qui comprend un corsage avec ou sans manches et un grand pagne (tanbo), pièce rectangulaire enveloppant la partie inférieure du corps, drapé autour des reins à l'aide d'une cordelette. Ce pagne descend jusqu'aux chevilles.
Avant l'introduction du tissage, les vêtements baoulé étaient faits d'écorce battue. Cette technique est encore pratiquée chez les Baoulé des villages des savanes du Centre. De larges bandes sont enlevées de certaines espèces d'arbre (le ficus) et battues ensuite à l'aide de battoirs en bois. Ces tissus servent maintenant de tapis de couchage.
Dans la région de Niéméné, on trouve encore des écorces battues dans tous les marchés, et quelques artisans travaillent encore, mais très irrégulièrement.

Parure
La possession des trésors en or était le privilège des grands chefs Baoulé, transmis jusqu'à nos jours par voie d'héritage. Ils avaient coutume, au cours des grandes fêtes, de porter des bijoux en or massif, très somptueux : lourdes chaînes supportant des pendentifs (nfloû bâ tri) et des pectoraux en forme de symboles variés.
Les colliers en perles anciennes ne sont portés de nos jours qu'aux grandes occasions, par les familles nobles.
Les non nobles portent aussi de belles parures anciennes, des bagues et des pendentifs, en or filigrané, des bracelets en ivoire d'éléphant.
Le chasse mouches n'est pas seulement un accessoire fonctionnel. Il est réservé aux dignitaires de haut rang social. Le manche en bois est très décoré et souvent ces parties sculptées sont recouvertes d'une mince feuille d'or. Il en est de même pour les cannes sculptées, symboles du pouvoir, dont les motifs décoratifs ont un sens allégorique précis.
A l'âge de deux ans, la fillette reçoit un collier en verroterie (baâma) qu'elle portera autour des reins. Ces colliers vont en augmentant avec l'âge et le nombre de soupirants de la jeune fille.
La femme Baoulé porte un collier de perles bleues minuscules, en verre ancien, appelé ndioulâba ou simplement âfié. Ce collier peut être aussi en or composé de différents éléments décoratifs assemblés par un cordon.
L'anneau de cheville en cuivre est tombé en désuétude (ces anneaux remplissaient davantage la fonction de monnaie d'échange plutôt que celle de parure).
On porte l'ohidya âfta, jarretières en petites perles rouges ou bleues qui se placent aux deux jarrets ou aux chevilles (de deux à cinq).
Les boucles d'oreilles (âsano mandé) sont en or, fabriquées par le procédé de la cire perdue, en forme de fleurs, de grains.
Les amulettes sont de nature magique d'origine maraboutique. La substance magique donnée par le féticheur (amoué fomé) est portée dans un sachet de toile, cousu dans les plis du vêtement ou attaché avec un lacet en fil de coton.

Coiffure des femmes.
Très variée de formes; par exemple, cheveu.\ en touffes et fausses tresses ligaturées. La chevelure est divisée en carrés de dix huit à trente deux. Dans chacun d'eux, on ramène le, cheveux et on les ligature avec un fil noir pour réaliser une tresse. Toutes les tresses ainsi formées sont réunies par leur extrémité su,les tempes et sur la nuque (le nombre de tresses est au moins de trente).

Tissage
Le tissage baoulé est très riche.
Tiébissou, à 68 km de Bouaké, est le centre le plus important du tissage baoulé.
Dans la fabrication des bandes tissées des pagnes. les réserves d'indigo en chaîne forment des motifs géométriques irréguliers. On distingue plus de vingt dessins traditionnels avant chacun un nom particulier. Les plus appréciés sont : Dangô, Bia, Soplin, Tâmbé. Tous ces motifs servent à la réalisation des pagnes d'hommes. Les Yaswa Kondrô, très beaux pagnes de cérémonie avec des symboles brodés de fils de coton de couleur (rouge et vert), se trouvent a Yamoussoukro,
La teinture des fils (généralement en indigo) se fait avec le procédé de réserve. L'approvisionnement en fil de coton est encore local. Les femmes des villages continuent à égrener, à carder et à filer le coton récolté dans leurs champs (les bobines de fil écru sont achetées de 10 à 20 francs le fuseau). Mais, de plus en plus, la filature industrielle des environs de Bouaké fournit le coton teint à tous les tisserands de la Côte d'Ivoire. Les tisserands baoulé, tous cultivateurs, travaillent surtout à leur métier, le mercredi et le vendredi. et le dimanche, jours interdits à la culture et consacrés aux cultes de la terre, Les autres jours, c'est juste en rentrant des champs. vers 17 heures, qu'on peut voir des tisserands travailler dans tous les villages entre Toumodi et Dimbokro, et ceux autour de Tiébissou. Les Baoulé réalisent aussi des tissus en fibres de raphia, teints par réserve (inspirés sans doute des étoffes des Ashanti, teintes au pochoir). Les motifs découpés d'après des patrons sont imprimés au moyen d'une pâte résineuse ou de cire. Le tissu est ensuite trempé dans un bain de teinture.
Les Baoulé savent teindre les pièces de tissus en indigo pur mais, dans certaines régions, ils ont laissé à certains immigrés Mandé ou Voltaïques le soin de développer cet artisanat.
A Bouaké, on utilise la technique plus compliquée du batik (réserve à la cire). Certaines parties de l'étoffe sont ligaturées, et le procédé donne une grande variété de motifs. Deux teintures traditionnelles sont encore utilisées : l'indigo (macération de feuilles pilées et séchées, mélangées à une solution de potasse) et le kola (macération de noix de kola, pilées). Chaque bain dure de 20 à 30 minutes. Pour obtenir des tons plus foncés, on augmente le nombre de bains. On pratique encore dans le village de Satiari la technique de l'écorce de ficus, battue avec un bâton; elle sert de tapis de couchage.
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MessageSujet: Re: La Côte D'Ivoire: Les Baoules   Jeu 10 Nov à 8:20

Vannerie
Fabrication de nattes, cloisons et clôtures en feuilles de cocotier séchées au soleil, ou en nervures de palme.
Tamis, corbeilles en lianes pour le transport de la kola, vans très allongés à deux anses rectangulaires, paniers avec dessins, éventails pour attiser le feu, qu'on trouve au marché de Bouaké.
Les poulaillers baoulé ressemblent à des cages avec une partie supérieure à claire voie, et une porte en store. Dans les régions du Sud Baoulé, certains sont en copeaux de ronciers et ont la forme même de la volaille, avec tête et queue, et une ouverture au sommet. On ne peut donc y mettre qu'une seule bête. Greniers en vannerie, destinés au café et au cacao, de un à deux mètres de haut, dans toutes les régions de Sakassou.

Travail du cuir
Le travail du cuir, en pays baoulé, est la spécialité d'artisans nigériens ou maliens (Haoussa et Dioula).
Les Djeli, caste des cordonniers, sont d'origine mandé; leurs femmes sont potières.
Les Baoulé n'ayant pas de chevaux, il n'y a donc pas de tradition de sellerie.

Travail du métal - Cuivre, bronze, or.
Le travail de l'orfèvrerie est toujours très estimé en pays baoulé. Les Baoulé ont conservé certaines techniques ashanti, en particulier celle de la fonte des métaux à la cire perdue dont ils ont progressivement perfectionné le procédé. C'est à cette technique qu'on doit la très grande variété des poids à peser l'or.
La poudre d'or et les bijoux anciens en or (trésors hérités de génération en génération) font encore aujourd'hui l'objet d'une thésaurisation familiale. Certains échanges, malgré la monnaie actuelle, continuent à se faire avec de la poudre d'or. Chaque famille possédait un ensemble de poids (dja) comprenant le système des poids et tous les accessoires (petite balance, boîtes en cuivre aux couvercles décorés, petites cuillères en cuivre martelé, passoires).
La teneur en or pur de l'alliage réalisé pour la fabrication des bijoux varie d'une région à l'autre. La couleur elle même est très différente puisqu'elle va du jaune pur à un jaune gris ou légèrement rosé dû à une dose irrégulière de cuivre (ou d'argent) et de laiton. Tous les objets d'or fondu à la cire perdue sont des bijoux, les bijoux traditionnels des Baoulé étaient des attributs royaux et des ornements de cérémonie portés par l'entourage du roi : pendentifs portésaucou ou sur la poitrine les jours de fêtes, appliques frontales, masques pendentifs aux visages humains extrêmement variés ou masques de bélier aux cornes recourbées vers le bas (comme un croissant lunaire), pendentifs figurant un poisson, un crocodile, une tortue (symbole de fertilité et de fécondité), etc.
Les pendentifs, en forme de disques, ont la taille d'une grosse pièce de monnaie. Ils sont réunis à l'aide d'un cordonnet passé à l'intérieur d'un petit tube placé au centre du motif. On peut former ainsi des colliers mais aussi des bracelets, des chevillières.
Les fils d'or très fins s'enroulent en spirale pour former le fond sur lequel on ajoute des motifs traditionnels (trèfle, rosace, croissant de lune, spirale, étoiles, chevron, losange) qui se combinent entre eux pour composer de nouveaux dessins.
Cette gamme de motifs se retrouve sur les poids géométriques à peser l'or, et aussi sur les sièges des ancêtres recouverts d'or, d'argent ou de cuivre, sur les étoffes imprimées, les armes, et les kuduo, sorte de récipients en bronze associés aux cultes privés des familles, ornés de figures en ronde bosse, et de décorations géométriques gravées ou en relief.
Le couvercle est surmonté d'un groupe de figurines, un jeu comparable à celui des poids proverbes.
De nombreux autres récipients en cuivre martelé servent également à recevoir des préparations rituelles.
Le moule dans lequel est coulé l'or est obtenu à partir d'un modelage à la cire d'abeille, mais parfois, lorsqu'il s'agit d'un insecte, d'un lézard, d'un poisson, d'un scarabée, d'un scorpion, l'animal lui même peut servir de moule. Les plaques sont dites « porteur d'âme » parce qu'elles sont portées seulement par un membre de la famille censée être le porteur de l'âme du roi. Elles sont souvent décorées de motifs à plat ou en relief, représentant des animaux stylisés : crocodiles, poissons, oiseaux.
Les plaques rectangulaires étaient portées par les princes et les princesses de sang royal.
Beaucoup de ces bijoux anciens sont refaits pour un usage plus commercial que cérémoniel. On peut découvrir des bijoux anciens conservés dans les trésors que possèdent encore certaines familles de chef, comme le trésor baoulé de Sakassou, le trésor du roi à Bondoukou. Malheureusement, on trouve surtout des copies, les originaux ayant été vendus il y a quelques années. L'argent est peu travaillé par les Baoulé. Établis dans les villes comme Bouaké, ou dans la capitale, les bijoutiers créent pour les femmes « émancipées » des colliers, des bagues et des boucles d'oreilles d'inspiration européenne ou orientale. Certains sont de formes très modernes, réalisés toujours avec la technique de la cire perdue, mais beaucoup se limitent à la copie hâtive de bijoux anciens, pour répondre à la demande des touristes.
On trouve de très beaux bijoux en or, aux dessins très fins, dans de nombreux villages autour de Bouaké (Assabourou, Kongonou, Tiébissou) : bagues aux riches chatons (caméléon, tortue), colliers de perles en or formés de légères sphères ajourées, ou en forme de losange, rectangle, réalisés avec des petits cercles assemblés les uns aux autres, boucles d'oreilles, boîtes à amulettes en or martelé et repoussé.
La sculpture sur bois est quelquefois réalisée par des bijoutiers lorsqu'il s'agit de revêtir la pièce d'un placage en feuilles d'or, agrafées au bois (cannes de parade, chasse mouches, siège, statue, épée, sommet de parasol, couteau, etc.). Les villages de Bakro, Sakassou, Minabo, sont réputés pour ce travail délicat.
Il est possible de grouper les poids à peser l'or en deux grandes catégories :
- les poids géométriques comprenant des motifs variés du swastika (symbole de la rotation astrale), de losanges, de spirales, de croix grecques, de trapèzes, de carrés, de pyramides à gradins, de croissants lunaires, etc.
- les poids proverbes, figuration d'homme, d'animaux, de végétaux et d'objets.
On y trouve la figuration de presque tous les objets usuels de l'artisanat : couteau, hache, louche, calebasse, tabouret, corbeille, chaise à dossier, instrument de musique, herminette, etc. C'est véritablement toute la vie baoulé en miniature que l'on peut recréer grâce à la diversité de tous ces poids. Chaque poids correspond à un dicton populaire, chaque scène animée possède une signification précise. On y trouve des sujets complets de la vie de la famille, comme une femme soignant son enfant ou un bébé sur une chaise à dossier, ou de la vie religieuse, scène de danse, joueur d'olifant, batteur du grand tambour de communication, etc.

Signification de quelques poids proverbes

 Tambour : « La peau de l'antilope qui ne suit pas sa mère finit toujours sur le tambour. »
 Serpent en train d'avaler un crapaud : « Tout ce que possède le crapaud, même sa vie, appartient au serpent. »
 Crocodile : « Quand on est au milieu du fleuve, on n'injurie pas le crocodile. »
 Couple de poissons se mordant la queue : « De père en fils, tout recommence. »
 Caméléon : «Aller vite a ses avantages, aller doucement a également ses avantages»
 Antilope cheval aux longues cornes annelées qui rejoignent sa queue « Ah 1 si j'avais su ce qui se passait dans mon dos! Mais les regrets sont inutiles, doit on ajouter, »
 Poule « C'est par politesse qu'avant de pénétrer dans la maison je baisse la tête. »
 Tête de bélier : « Ma force est dans mes cornes. »
 Personnage allongé : « Comment veux tu voir le soleil si tu restes couché sur le ventre. »
 Vieillard barbu, couché : « On n'enterre pas les mourants, mais les morts. »

Travail du bois
Chez les sculpteurs baoulé, la statuaire est plus importante que la fabrication des masques.
Chaque famille du moindre village possède encore ses waka sona, figuration d'ancêtres, de divinités ou d'animaux emblématiques.
Le culte des ancêtres étant encore très vivace (il est la base de toutes les activités religieuses des Baoulé), les portraits d'ancêtres sont les plus représentatifs de la sculpture baoulé. Sur ces portraits d'aïeux (disparus ou personnages encore vivants), on peut découvrir toute la gamme des coiffures tressées traditionnelles, des scarifications corporelles, des attributs religieux ou coutumiers.
Les masques sont représentés soit par des grands masques heaumes à corne, inspirés d'animaux emblématiques (buffle, hippopotame, bongo, panthère, éléphant, crocodile) qui interviennent dans les cérémonies des confréries cultuelles telles que le (Io et le dié, soit des masques humains aux traits très équilibrés et très fins, aux patines remarquables, évoquant des dieux morts ou des divinités baoulé.
Le masque cérémonial, appelé kplékplé, a la forme d'un disque (symbole de force solaire) avec deux grandes cornes de buffle (animal allié du grand dieu céleste Niamié, père des créatures terrestres).
La sculpture baoulé couvre un très vaste secteur rituel et utilitaire, puisqu'on la retrouve sur les portes, les tambours, les boîtes à divination, les poulies des tisserands, les sièges, les tabourets et sur de nombreux accessoires usuels. Parmi ceux ci, citons les peignes sculptés aux formes très variées, les koué koué épingles à cheveux. Ces accessoires féminins ont souvent des dessins géométriques, ayant un sens symbolique comme une ligne brisée ou un losange lié à la fécondité (sexe féminin); les appuie têtes, tous sculptés. Dans les accessoires du ri tue] religieux, on trouve des récipients en bois sculpté aux motifs symboliques, qui servent à placer l'onguent dont on s'enduit le corps (bain purificateur) avant les cérémonies liées au culte des ancêtres, et les boîtes destinées à la pratique de la divination par les souris (gbekrebo).
Les Baoulés font de très belles poulies de métiers à tisser (mais hélas, elles deviennent de plus en plus rares et sont souvent remplacées maintenant par une boîte de conserve dans laquelle est placée une bobine de fil industriel), des sièges tabourets aux formes très belles, recouverts d'or, d'argent ou de cuivre (ou en bois simplement patiné), et étant le symbole du pouvoir à tous les niveaux (royaume, clan, lignage).
Ils font également des instruments de musique (tambours creusés dans une seule pièce de bois, souvent sculptés et peints, des harpes, des balafons, des clochettes en fer forgé, des rhombes).
Les sculpteurs se trouvent surtout dans les villages autour des centres comme Tiébissou et Bouaké.

Poterie
La poterie rituelle et funéraire baoulé est de plus en plus rare mais d'une grande valeur esthétique, on en trouve encore dans le village de Wachou, près dAsrikro, sur la route de Sakassou.
Les formes sont très belles, zoomorphes ou anthropomorphes, col à tête de femme, vase aux anses en forme de personnage courbé, motifs en relief ou gravés (lignes géométriques, chevrons, etc.) gargoulettes à deux goulots. Le couvercle de certaines poteries est orné d'oiseaux assemblés en cercle, allusion à la solidarité familiale qui se concrétise par la consommation en commun de la boisson coutumière.
Après la cuisson, on enduit les poteries d'un mélange de terre rouge de termitière et de décoction de feuilles, qui leur donne une couleur rouge foncé, brillante. Beaucoup de poteries baoulé sont en terre noire avec des paillettes brillantes de silice. Les décors sont réalisés au moyen d'épis de maïs, de tresse ou de ficelle appliqués sur l'argile non cuite (empreinte). Dans la région de Bouaké, certaines poteries sont entourées d'une résille en vannerie avec une anse pour faciliter le transport. Au marché de Sakassou (le dimanche), production des potières de toute la région.
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