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 La Côte D'Ivoire: Les Dioulas

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korrigane



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Localisation: le kremlin bicêtre
Date d'inscription: 10/11/2005

MessageSujet: La Côte D'Ivoire: Les Dioulas   Jeu 10 Nov à 16:36

LES DIOULAS


Leur Milieu:
L'appellation de Dioula (Dyola) est aujourd'hui réservée à tous les marchands soudanais, d'origine Mandé, qu'ils soient Bambara, Malinké, Dioula ou Soninké. Véritables marchands ambulants, ils circulent depuis des siècles à travers toute l'Afrique occidentale. Sur le plan linguistique, un bambara mandé simplifié, dit « dioula», sert de langue de communication dans tout l'Ouest Africain, le long des principales routes commerciales reliant le nord islamisé avec les marchés de la Côte et du Centre. Certains se sont regroupés dans des villages. Ils sont en général tisserands. Leur vocation commerciale est à l'origine de leur dispersion. Leurs ancêtres avaient déjà contribué à l'essor de l'empire du Ghana, puis à celui du Mali. Le commerce de l'or étant à l'époque leur activité essentielle.
Les Dioula sont environ 400 000 en Côte d'Ivoire. Ils représentent une puissante confrérie commerçante, contrôlant le commerce des produits agricoles de toutes les régions où ils sont fixés. Ils ont les moyens matériels de faire du stock et de revendre à la bonne saison à j'aide d'un réseau de grossistes et de détaillants parfaitement organisé.
Tous les marchés de ces régions grouillent de Dioula. Au retour de chaque saison des pluies, les Dioula rentrent dans leur village et se remettent à cultiver la terre ou à tisser.
Avec l'ouverture des communications reliant Bamako, Ouagadougou à Abidjan., l'influence dioula s'est encore accentuée dans le nord de la Côte d'Ivoire. Les villes dioula sont les plus nombreuses dans les régions d'Odienné et Séguéla.

Leur Histoire:
Après la chute de l'empire du Mali, les Dioula s'enfoncèrent dans la forêt à la recherche de nouvelles mines d'or, ouvrant des routes commerciales et fondant de grands centres commerciaux.
Entre le XIIIe et le XVIe siècle, ce fut une infiltration pacifique. Les Dioula contribuèrent à l'établissement du grand empire de Bégho. A partir du XVIe siècle jusqu'au XIXe siècle, des minorités Dioula, avantagées par leur cavalerie et leurs armes perfectionnées, vont fonder de petits royaumes en lisière de la forêt : royaume du Gondja (fin XVIe siècle), royaumes de Kong, de Bobo Dioulasso (Dynastie musulmane des Watara, fondée par Sékou Watara au début du XVIIIe siècle).
La terre d'élection des Dioula était la croisée des chemins de l'or et de la kola, du sel marin et du sel gemme, des esclaves etdeschevaux, des produits manufacturés dont, en premier lieu, les armes.
Au Sud, les Dioula se mêlaient à un milieu animiste et monopolisaient le commerce de nombreuses chefferies en fournissant des fusils aux chefs. A part les trois royaumes cités (Gondja, Kong et Gwiriko Bobo Dioulasso), les Dioula avaient en quelque sorte un grand empire fantôme ayant une influence considérable aussi bien sur le plan économique que culturel et religieux, et d'une mobilité constante.
D'après Yves Person, devant cette agression Dioula et la pression de l'Islam (guerre sainte), la seule issue des ethnies animistes était de « trouver un sauveur parmi les Dioula autochtones, assez ouvert au monde extérieur pour savoir le combattre, mais assez lié au milieu animiste pour travailler à son salut et non à sa destruction ».
Ce fut le rôle confié à Samori Touré qui, pourtant, se présenta plus encore comme le défenseur des commerçants Dioula que comme sauveur ou défenseur des animistes. Samori est né vers 1830 dans une région située à cheval sur la Haute Guinée et le Sud du Mali. D'abord colporteur (c'est à dire : dioula) comme son père (achetant, avec la kola et les esclaves du pays Toma, l'or qu'il échangeait contre des armes et des boeufs), il s'enrôla dans les troupes des Cissé, affirma très vite sa grande valeur militaire, et devint conquérant autonome. Village par village, il agrandit son territoire et son influence, par la conciliation ou la liquidation de ses adversaires. Devant la poussée des troupes françaises qu'il combattait, il transporta en 1891 son empire en Haute Côte d'Ivoire en conquérant le pays des Sénoufo du Sud et toute la région de Kong. Il fonda sa nouvelle capitale à Dabakala. La ville de Kong ayant pactisé avec les Français, Samori la détruisit entièrement en 1897. En 1898, encerclé par les Français, il s'enfonça dans la forêt du pays Dan près des Man en Côte dIvoire. Surpris dans son camp, Samori fut fait prisonnier. Il demanda la mort mais fut déporté à Ndjalé au Gabon où il mourut deux ans après. Ce héros aux exploits célèbres s passa « pour un tyran et un roitelet cruel et sanguinaire » pour les conquérants français mais, pour les Maliens et les Guinéens, il fut s leur plus grand héros et le plus grand résistant à la domination étrangère.

Leur Vie Economique, Culturelle et Sociale:
La vie économique et sociale des Dioula est proche de celle des Malinké dont ils sont issus. t Par contre, les Dioula sont très islamisés.
Commerçants, ils sont aussi agriculteurs et excellents artisans, surtout tisserands et fondeurs.

Leur Vie Artisanale:
Les Dioula artisans sont regroupés par village ou par quartier au coeur des ethnies pour lesquelles ils produisent. (Par exemple pour les Bobo à Bobo Dioulasso en Burkina Faso, pour les Sénoufo, les Dan et les Baoulé en Côte d'Ivoire.)

Habillement et parure.
Tous les Dioula portent des boubous (voir Malinké et Bambara).

Tissage et teinture
Les Dioula sont d'excellents tisserands. On les retrouve dans presque toutes les grandes villes d'Afrique occidentale, chez les Sénoufo, ils sont regroupés dans de nombreux villages de la région de Korhogo, comme Waraniéné (plus de trois cents tisserands recensés dans les villages et deux mille cinq cents dans cette région). A Bouaké, on a recensé quatre cents artisans tisserands d'origine Dioula, et plus de cinq cents dans toute la région (villages de Diabo, Zanikro, Koukouritié, Marabadiassa). Ils tissent des pagnes composés souvent de bandes de coton blanc aux motifs variés, alternées avec des bandes de coton indigo.
A 60 km de Séguéla, chez les Gouro, Kani est aussi un grand centre de tisserands Dioula (plus de cent cinquante artisans).

Vannerie
Les Dioula fabriquent la vannerie uniquement pour leurs propres besoins utilitaires : paniers, nattes, etc.

Cuir
Ce sont les fondeurs qui travaillent le cuir, mais les Dioula achètent en général la production des ethnies avec lesquelles ils vivent.

Métal
Les fondeurs et forgerons font partie d'une caste fermée (Noumou). Ils sont regroupés dans certains quartiers des villes comme à Korhogo, le quartier Koro et Gotinkara, à Odienné, le quartier Diarassoubala, ou dans certains villages, comme celui de Tissele Noumousso (25 km à l'Ouest de Dabakala) dont toute la population appartient à la caste des forgerons sculpteurs (Noumou). Contraints à Fend garnie, ils vivent dans les mêmes villages et travaillent le bois et le fer. Ils fabriquent des outils (haches, couteaux, houes), des statues rituelles, des peignes sculptés.
Ils sont aussi agriculteurs, leur production artisanale saisonnière ne suffisant pas à leur assurer leur vie matérielle. La caste Noumou de cette région sénoufo, les Djimini, répartie sur dix huit villages du type de Tissele, s'élève à plus de dix sept cents personnes.
Dans les villages des environs de Boundiali (103 km de Korhogo), de nombreux forgerons Dioula réalisent des petits masques en cuivre (masque kpélié très stylisé) et des petits personnages très expressifs en bronze.
La région de Touba est occupée par les Dioula depuis la chute de l'Empire du Mali, au début du XVIe siècle. Les forgerons y fabriquent, entre autres, des masques de cuivre.

Bois
Ce sont les forgerons qui sculptent le bois (masques, statues, poulies de métiers à tisser, sièges sculptés, etc.).

Poterie
Katiola, grand centre de poterie depuis un siècle, est un peu le Vallauris de la Côte d'Ivoire. Ce sont les femmes Tagouana d'origine mandé (elles parlent dioula, particulièrement la tribu Mangoro) qui sont potières. Elles travaillent en famille dans leur maison, mais sont groupées sous les ordres d'une potière pour la cuisson, qui est collective. Elles utilisent une terre rouge, légèrement vernissée après cuisson par des taches obtenues au hasard par la projection d'une décoction d'une racine d'arbre.
Cette production très importante (elle est exportée au Mali, en Burkina Faso) a malheureusement dégénéré pour répondre aux goûts des touristes (cendriers, pots à fleurs!). On trouve encore de belles pièces à l'intérieur des maisons des potières, qui les réalisent pour leur usage particulier, et dans les villages de brousse (jarres à bière, à eau, cruches, plats, etc.), particulièrement ceux de la région de Dabakala comme le village de Kawalo dont toutes les femmes (Mangoro) sont potières.
Toute la région de Touba est riche aussi en potières Dioula.
Les potières (Numu Musso) sont en général les femmes des forgerons (Noumou).
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