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 En route vers l'absolutisme

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korrigane

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MessageSujet: En route vers l'absolutisme   Jeu 10 Nov à 13:53

En route vers l'absolutisme


(fin XVe siècle - après le milieu du XVIIe siècle)

Trois étapes marquent l'histoire politique et culturelle de la France, entre 1498 et 1661, c'est-à-dire depuis l'accession au trône de Louis XII jusqu'à la prise de pouvoir par Louis XIV. D'abord, jusqu'à la mort de Henri II (1559), la France a les yeux fixés sur l'Italie. Terre de conquête, elle est aussi modèle et source d'inspiration pour les arts et les lettres de la Renaissance française.
Puis, de 1562 à 1598, le royaume s'égare dans les convulsions internes des guerres de religion. Contestation au plan théologique du "sens" du christianisme et de sa pratique, la Réforme génère dans le même temps une controverse politique sur le statut légal des églises réformées. Cette dimension politique s'exacerbe en France, quand, à la faveur des troubles, la noblesse cherche à s'emparer d'un pouvoir affaibli. En 1594, le roi doit reconquérir Paris, et chasser, en 1597, les Espagnols du royaume. Avec Henri IV, la royauté retrouve finalement légitimité et autorité. Protestant converti au catholicisme, le nouveau souverain reconnaît aux protestants une existence légale et leur accorde la liberté du culte.
Avec Henri IV, c'est la dynastie des Bourbons qui s'installe. Roi aussi absolu que ses prédécesseurs, il censure écrivains et prédicateurs au nom de la paix publique. Mais - paradoxe de l'histoire - il meurt assassiné, succombant au fanatisme religieux qu'il n'avait cessé de chercher à apaiser.
Pendant le demi-siècle qui suit, le cardinal de Richelieu (1585-1642) orchestre la reconquête du pouvoir en France par l'État. Surveillant l'imprimerie, il étouffe la presse naissante. Soucieux de la pureté de la langue, il crée l'Académie Française: parfait exemple d'un programme politique qui place la culture sous le contrôle de l'État. Après la Fronde, dernier sursaut féodal de la noblesse contre l'autorité royale, le cadre et les mécanismes de l'absolutisme sont en place. Louis XIV peut entrer en scène.


Ouest de la France, vers 1430
Département des Manuscrits, Lat. 1156B
Parchemin


Les armoiries parties de Bretagne et d'Orléans apparaissant derrière la dame en prière dans la peinture de la prière Obsecro te permettent d'identifier le destinataire de ce livre d'heures avec Marguerite d'Orléans, la soeur du prince-poète Charles d'Orléans, qui est figurée ici en prière devant la Vierge. Commencé peut-être en prévision de son mariage, en 1426, avec un seigneur de la maison de Bretagne, son livre d'heures est une des oeuvres les plus exquises de l'enluminure française du XVe siècle. Exécuté en plusieurs étapes, suivant des sources d'inspiration variées, il est surtout remarquable par ses délicates bordures marginales pleines de dynamisme et d'invention.

Entre 1354 et 1356, le bénédictin Pierre Bersuire traduisit à la demande du roi Jean le Bon (1364-1380), les trois Décades que l'on connaissait alors (I,III et IV) de Tite-Live. Il ouvre ainsi la grande série des traductions des règnes de Charles V (1364-1380) et Charles VI (1380-1422), qui rendirent accessibles à un public élargi bon nombre d'oeuvres antiques, et répandirent dans les milieux aristocratiques un modèle culturel émané de l'entourage royal, qui perdura parfois jusque vers le milieu du XVe siècle. La miniature qui ouvre la troisième Décade situe Carthage dans le décor parisien de l'Ile de la Cité. Le jeune Hannibal supplie son père de l'emmener avec lui en Espagne, tandis que Tite-Live rédige son texte dans sa chambre d'étude.
A l'extrême fin du XIVe siècle, le duc Jean de Berry, comte de Poitou (1340-1416), et frère du roi Charles V, fit composer par Jean d'Arras un roman généalogique à la gloire de la famille poitevine des Lusignan. Une légende très ancienne la faisait remonter à la fée Mélusine, la "Mère-Lusine". Jean d'Arras a su mêler dans son récit deux thèmes traditionnels de la littérature populaire et orale, celui de la transgression d'un tabou et celui de la déesse-mère. Il crée ainsi un roman de type nouveau, bien différent des nombreuses mises en prose contemporaines inspirées par Charlemagne ou le roi Arthur. Ici, malgré l'interdit, Raimondin épie sa femme au bain. Il découvre que son corps se termine par une queue de serpent.

En 1496, Octovien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême achevait de traduire en décasyllabes les Héroïdes d'Ovide , ce recueil de vingt et une lettres fictivement attribuées par le poète latin à diverses héroïnes de l'Antiquité pleurant leurs amours déçues. Octovien de Saint-Gelais qui devait sa fortune aux Angoulême fit parvenir son texte à Louise de Savoie (1467-1531), la veuve de son protecteur, Charles d'Angoulême (1460-1496), et mère de François Ier. Elle fit faire ce magnifique manuscrit par un de ses peintres attitré, Robinet Testard. Une série de grandes miniatures représentent les héroïnes en train d'écrire. On a parfois l'impression de véritables portraits. Elles portent des vêtements tour à tour exotiques ou inspirés par la mode du temps. Ici, Hypsipylé, reine de Lemnos, pleure le départ de Jason.

La conquête éclair de la ville de Gênes par Louis XII, en avril 1507, frappa les esprits comme un fait d'armes inouï, et suscita de nombreux écrits des chroniqueurs et des poètes de cour qui célébrèrent la gloire et la magnificence du roi. La relation de l'expédition victorieuse du roi, écrite en vers par Jean Marot, poète officiel du roi, fit l'objet d'une copie soignée destinée à Anne de Bretagne (1477-1514), l'épouse du souverain victorieux. Onze superbes peintures à pleines pages sont attribuables à Jean Bourdichon, un disciple du grand Fouquet. Ici, l'entrée du roi Louis XII à Gênes. François Ier (1515-1547) a revêtu le casque de Minerve; il s'est appliqué en pectoral la tête de Méduse; il a utilisé l'armure de Mars; il a chaussé les sandales ailées de Mercure et a saisi son caducée; il a emprunté la trompe de chasse de Diane; Amour lui a prêté son arc et son carquois. Cette glorification du roi - surhomme grâce aux attributs des dieux de l'Olympe - est un élément fréquent de l'iconographie royale aux XVIe et XVIIe siècles. Il est la transcription iconographique des textes allégoriques et des recueils d'emblèmes. Témoin des débuts de l'alliance des rois de France avec les sultans ottomans, au début du XVIe siècle, cette lettre fut adressée par Soliman le Magnifique à François Ier, en 1536. Empreinte de la solennité et du luxe qui conviennent à ce type de document qui doit aussi honorer le correspondant, elle est soigneusement calligraphiée en plusieurs écritures et encres de différentes couleurs, et ornée, après l'invocation d'usage et l'énoncé de la titulature du sultan, du monogramme impérial enluminé. Ce document marque le début de l'installation permanente de l'ambassade française auprès de la Porte Ottomane. L'ouvrage raconte, selon le shéma des romans médiévaux, les enfances, les apprentissages et les exploits d'un héros, Pantagruel, dont le personnage sort des mystères du XVe siècle: c'est le génie de la soif qui pousse les gens à boire en leur jetant du sel. Toute l'oeuvre célèbre le vin, l'amour, et le plaisir de vivre. Les contemporains ne s'y trompèrent pas: en octobre 1533, c'est pour obscénité qu'un théologien la dénonça devant la Faculté de théologie de Paris, et sur l'exemplaire exposé ici tous les passages "crus" ont été barrés à l'encre au XVIe siècle. Est ici présentée la plus ancienne version connue, publiée par Claude Nourry, un imprimeur lyonnais spécialisé dans les livrets populaires et la littérature romanesque.


France, vers 1527
Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 5906
Parchemin


Tout en restant catholique, Marguerite d'Angoulême (1492-1549), soeur de François Ier, prit une part importante aux débuts de la Réforme en France, protégeant les premiers Réformateurs, comme Briçonnet, ou entretenant avec certains d'entre eux (Lefèvre d'Étaples) une correspondance suivie. Écrit au moment de son mariage avec Henri d'Albret, roi de Navarre (1517-1555), père du futur Henri IV (1589-1610), ce manuscrit est une sorte de Catéchisme que l'on peut attribuer au réformateur wurtembourgeois Johannes Brenz. Au folio 1 verso, les armes de la princesse dans un champ d'azur décoré de marguerites; au folio 2, Henri d'Albret tenant à la main une marguerite. A la Renaissance, les cartes du monde élaborées par des géographes français étaient rares encore. Le travail d'Oronce Fine n'en est que plus intéressant. Mathématicien et astronome, lecteur de mathématique au Collège de France, il établit en 1534-1536 cette carte du monde en projection cordiforme, qui dans un décor renaissance porte le titre latin Recens et Integra Orbis Descriptio, c'est-à-dire "Nouvelle et Complète Description du monde". On y remarque en particulier la présence d'une vaste terre australe récemment découverte et pas encore explorée". Ce splendide Livre d'Heures. contemporain de son accession au trône, illustre de manière allégorique, dans ses peintures de l'Ancien Testament, les devoirs du nouveau souverain, Henri II. On le voit en particulier guérir les écrouelles à l'abbaye Saint-Marcoul, juste après la cérémonie du sacre à Reims; on reconnaît à ses côtés l'archevêque de Reims, qui présidait à la cérémonie du sacre.

Bible hébraïque, copie allemande anonyme de la fin du XIIIe siècle; reliure parisienne, vers 1555.
Département des Manuscrits, Hébreu 16

Cette reliure, due à la main élégante de Claude Picques, relieur des rois François Ier, Henri II et François II, est l'une des plus belles de tout le XVIe siècle français. Sur fond de maroquin noir, les plats offrent un ensemble magnifique d'entrelacs et de rinceaux de maroquin havande clair, dont certains motifs géométriques sont peints en vert. Le dos porte les armes royales traditionnelles. Les comtreplats rappellent certaines ornementations du château d'Anet, résidence de Diane de Poitiers, maîtresse du roi.
François Clouet, Catherine de Médicis en veuve, vers 1560
Département des Estampes et de la Photographie, Na 22 Rés. boîte 4
Pierre noire et sanguine sur vélin

Le portrait à la pierre noire présenté ici est sans doute l'une des plus belles réussites de François Clouet (avant 1522-1572) dans les dernières années de sa carrière. La reine Catherine, veuve à quarante ans, ressentit durement son deuil et demeura vêtue de noir le reste de sa vie; son teint blême et son embonpoint frappaient les ambassadeurs, autant que son intelligence et son opiniâtreté. Ce sont ces deux aspects de sa personnalité que François Clouet s'est attaché à rendre.

Les Pénitents blancs et bleus du roi Henri IIIe, Paris, entre 1583 et 1589
Réserve des livres rares et précieux, Rés. La25. 6

Collectioneur né, Pierre de l'Estoile (1546-1611) ramassa durant les mois difficiles où Paris fut aux mains de la Ligue toutes sortes de pièces à caractère populaire circulant dans les rues de Paris (placards satiriques, pamphlets, poèmes et chansons)> Il les assembla en un recueil intitulé Les belles figures et drolleries de la Ligue, destiné à témoigner à la postérité " la méchanceté, folie et imposture de cette Ligue infernale". Le bois présenté ici, et placé par l'Estoile au début de son recueil, rappelle les grandes processions de pénitents bleus et blancs, d'après leur habit, instituées par le roi en 1583, et auxquelles le roi lui-même et ses gentilhommes paricipaient dans les rues de Paris.
Passionément amoureux, Charles de Sainte-Maure, futur duc de Montausier (1610-1690), offre, en 1634, à sa "déesse mortelle" Lucine-Julie d'Angennes (1607-1671) un recueil de madrigaux. Composés par les plus talentueux poètes du temps (Ménage, Tallemant de Réaux et Scudéry), ceux-ci exaltent sur le thème des fleurs les qualités et la beauté de Julie. Pour vaincre son apparente indifférence, il lui en offre quelques années, en 1641, plus tard cette copie calligraphiée par Nicolas Jarry, et merveilleusement illustrée par Nicolas Robert. Sous le couvert d'une histoire romaine, Mademoiselle de Scudéry peignit dans Clélie les habitués de son cercle littéraire et mondain. Roman à clef, l'histoire est prétexte à de nombreux portraits, à des descriptions d'hotels et de palais, à de longues conversations sur la mondanité, l'héroîsme et la morale amoureuse telles que les tenaient les amis de son entourage. L'ouvrage connut un certain succès, mais c'est la carte du Tendre, gravée par François Chauveau, qui insérée dans la première partie connut le plus grand retentissment. Jeu de salon sur le cheminement amoureux, elle suscita la mode de la géographie galante et inspira almanachs allégoriques et cartes imaginaires. Les très nombreux manuscrits que comptaient la Bibliothèque de Mazarin entrèrent dans les collections royales, en 1668, par échange avec la Bibliothèque du Roi. Parmi eux figuraient 343 manuscrits orientaux dont beaucoup étaient des manuscrits arabes envoyés d'Istanbul par l'ambassadeur Denys de la Haye. Celui présenté ici est un témoin capital de l'époque des Il-khans, cette
dynastie mongole qui règna en Perse, aux XIIIe et XIVe siècles. Attaché comme médecin auprès du roi Abaqa (1265-1282), Rashîd Al-Dîn joua un rôle capital dans l'islamisation de cette dynastie. Il fonda à Tabriz une mosquée qui allait devenir un centre éditorial important, au carrefour des échanges culturels entre Bagdad et l'Iran.

Les costumes ont contribué au caractère éblouissant du spectacle "Le Ballet royal de la nuit", tout comme les changements de décor et les différents personnages du ballet. Le ballet se termine par l'apparition d'Aurore qui cède sa place au Soleil levant, Apollon, rôle interprété la première fois par le jeune roi Louis XIV. Au cours de sa vie, Louis a joué un large éventail de rôles, dont ceux de personnages du peuple.

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